Complexités industrielles et fragilité salariale : une « répartition » à Peugeot-Sochaux, en septembre 2012

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Type de publication:

Conference Paper

Source:

Gerpisa colloquium, Paris (2013)

Résumé:

Souvent employé, et peut-être un peu vite, le terme de performance industrielle recoupe un compromis délicat entre les objectifs d’efficacité productive et d’adaptation au marché. Depuis son entrée dans le marché de masse, l’industrie automobile est un lieu particulièrement sensible du renouvellement incessant de ce compromis, en raison de la complexité du produit et de sa production en grande série. L’objet de cette communication est de relier quelques aspects de ce compromis en les situant dans un cas précis, le site de Peugeot-Sochaux à l’automne 2012.
Ce site tient une place éminente au sein du groupe PSA. Après avoir été abondamment étudié au cours des années 1990, il fait l’objet d’enquêtes plus ponctuelles ces dernières années. Or, il a fait l’objet d’une redéfinition, vers la production de modèles du segment des voitures compactes. En même temps s’est achevée sa réorganisation productive amorcée en 1989, en un centre d’assemblage final intégré et concentré, efficacement relié à un réseau d’ateliers d’équipementiers.
À partir d’une observation ethnographique effectuée sur une chaîne d’habillage de moteurs, cette communication présentera l'intégration informatisée de la fabrication en chaîne et la sophistication relative du travail du travail des opérateurs. Elle s’attachera à montrer les rigidités induites par cette sophistication combinée aux exigences de qualité, à travers l’événement que constitue un changement du programme de fabrication, nommé « Répartition ». Rarement évoquée dans les recherches, cette « Répart’ » mobilise une grande partie des énergies durant plusieurs semaines là où, quelques décennies plus tôt, ce changement de programme s’effectuait en quelques jours. Elle implique des variations d’effectifs bien au-delà des seules exigences immédiates de la production. En un troisième temps, à partir de l’intégration de ces changements de programme dans la vie ordinaire de l’usine, on s’efforcera d’examiner la place désormais structurelle prise par le travail intérimaire dans cette organisation industrielle dont les volumes d’activité sont structurellement instables. Un intérim qui, lui aussi, connait des formes de régulation, sous le double effet des combats syndicaux et d’une logique d’efficacité industrielle.

Copyright© Gerpisa
Concéption Tommaso Pardi
Administration Géry Deffontaines

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