LA LETTRE DU GERPISA no 161 (Juillet 2002)

 

Editorial

Yannick Lung





TRANSFORMER L'ESSAI

La dixième rencontre internationale du GERPISA organisée les 6,7 et 8 juin 2002 au Palais du Luxembourg (Sénat) a mobilisé près de 150 chercheurs et professionnels. L'origine géographique de ces intervenants et participants révèle la composition du réseau : 40% viennent de France, 30% des autres pays européens et 30% des autres régions du monde (dont 15% du Brésil). Les chercheurs représentent près de 70% d'entre eux, les autres étant des acteurs professionnels provenant pour la plupart d'entreprises automobiles (BMW, Faurecia, Nedcar, Renault, PSA, Somaca, FIEV), sans oublier la présence de représentants d'une centrale syndicale et d'organismes publics (policy makers). Deux tables-rondes, trente-cinq communications (sur le CD-rom) et une projection-débat vidéo ont permis aux participants de présenter les résultats de leurs travaux, notamment les principales conclusions du troisième programme du GERPISA sur les coordinations des compétences et connaissances dans les systèmes automobiles. La visite de l'usine de Toyota dans le nord de la France a permis de prolonger les discussions sur le terrain.

Les présentations des différents workpackages du projet CoCKEAS ont permis de présenter les synthèses provisoires de nos travaux centrés sur les transformations du système automobile européen, notamment sur :
 

1. les nouvelles relations entre constructeurs et fournisseurs de premier rang compte tenu de la diffusion de la production modulaire et de l'introduction des NTIC (G. Volpato),
2. la place des autres acteurs du système automobile (J.J. Chanaron),
3. l'impact de la financiarisation et les enjeux associés à l'usage de l'automobile (K. Williams),
4. la nouvelle géographie de la production automobile (Y. Lung) et
5. les spécificités de l'Europe par rapport aux autres régions du monde (U. Jürgens).


Si l'hypothèse d'un modèle européen semble difficilement justifiable, la plupart des analyses concourent pour considérer, d'une part, que le niveau régional (au sens supanational) reste pertinent pour appréhender les interactions entre acteurs, même si les firmes déploient leurs stratégies de profit sur une autre échelle, et, d'autre part, que le système automobile européen présente un certain nombres de spécificités, dans cette dimension relationnelle de la coordination, qui pourrait fonder un avantage concurrentiel différent de ceux qui peuvent prévaloir dans d'autres régions du monde.

L'analyse de l'articulation entre stratégies de firmes et environnement institutionnel reste à affiner et les prochains mois seront consacrés à l'assimilation et la totalisation de l'ensemble de la production scientifique réalisée par les membres de notre réseau au cours des derniers mois. C'est sur la base de cet effort encore inachevé de synthèse que pourra se construire le prochain programme scientifique du GERPISA.

Nous allons mettre à profit cette période pour impliquer plus directement les jeunes chercheurs qu'il s'agit d'associer pour intégrer des problématiques nouvelles et les inviter à prendre des responsabilités dans le réseau. Les doctorants ont représenté plus de 20% des participants et intervenants du dernier colloque du GERPISA et notre mission de formation doctorale devrait aboutir à une meilleure intégration des jeunes chercheurs.

Dans cette perspective, le Comité de Pilotage du GERPISA a décidé d'engager un certain nombre de projets qui feront évoluer les modes de fonctionnement de notre réseau, aussi bien dans ses journées de travail et autres ateliers que dans l'organisation du prochain colloque international en juin 2003. Dès la prochaine Lettre, nous vous ferons part des premières initiatives dans cette perspective.
 
 






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