La Lettre du GERPISA no 149 (février 2001)

Éditorial - Yannick Lung


Le Gerpisa n'est pas "un tout petit monde"

Les nombreuses réponses aux appels à communication relatifs à la neuvième rencontre internationale du GERPISA et aux séminaires CoCKEAS organisés au printemps soulignent la forte mobilisation des membres du réseau autour des enjeux de notre troisième programme de recherche. Il est vrai que l'actualité mondiale de l'industrie automobile donne de multiples objets d'analyse qui nous invitent à développer des outils d'interprétation permettant de saisir les transformations engagées. Les programmes de ces réunions seront chargés et diversifiés et l'ensemble de ces contributions permettra certainement une progression significative dans notre réflexion collective autour du nouveau programme scientifique du GERPISA pour mieux saisir les enjeux et les formes nouvelles de la coordination des compétences et des connaissances dans les systèmes automobiles.

Alors que de nouveaux membres s'intègrent dans ce programme, il peut être utile de rappeler quelques règles du jeu de notre fonctionnement. Le GERPISA n'est pas la simple réunion de chercheurs en sciences sociales travaillant sur l'industrie automobile et ses salariés qui aurait pour seules fonctions, comme la plupart des associations scientifiques, de diffuser des informations et d'organiser des rapides et superficiels échanges lors de réunions périodiques, à la façon du "Tout petit monde" (Small World) de David Lodge. L'ambition du GERPISA est de coordonner les compétences de ces chercheurs autour d'un programme scientifique en faisant converger leurs travaux et leurs préoccupations sur des thématiques partagées pour essayer de développer une recherche et une démarche collectives et produire ainsi des connaissances nouvelles.

Il ne s'agit certainement pas d'espérer une quelconque homogénéisation ou normalisation des idées et des méthodes visant à proposer une vision unanimiste et doctrinaire, mais il faut aller au-delà du simple échange d'idées pour amener les membres du réseau à reprendre leur propre questionnement scientifique en intégrant les préoccupations communes et prolonger les confrontations à l'occasion des rencontres renouvelées par les séminaires, colloques et échanges & travers la Lettre du GERPISA . On peut, alors, progresser dans notre compréhension des changements en cours dans l'industrie automobile en faisant de la diversité de nos travaux et de nos approches, un atout.

Le soutien de l'Union Européenne, par le projet CoCKEAS, nous permet d'organiser plusieurs rencontres au cours de l'année 2001 qui s'avèrera essentielle pour l'avancement du troisième programme. L'organisation de ces rencontres visera à favoriser la réflexion commune et les débats, en sacrifiant parfois les conventions habituelles des réunions scientifiques formelles où chacun est d'abord attaché à sa prestation individuelle, pour mettre les différentes contributions en perspective des différents axes du programme scientifique. Cette démarche de recherche collective est indispensable pour donner du sens à notre activité et, donc, pérenniser le réseau. Le GERPISA aura en effet 20 ans en mars prochain : les séminaires de Lyon et de Bordeaux fourniront des occasions à cette célébration.


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