| La Lettre du GERPISA | no 136 (novembre 1999) |
Éditorial - Michel Freyssenet
Des membres du GERPISA participant aussi aux travaux díIMVP,
particulièrement
Mr Koichi Shimokawa, ont pensé au début de cette année
que les conditions étaient peut-être réunies pour que
síinstaurent des liens officiels entre les deux réseaux. Par leur
entremise, le GERPISA et IMVP ont convenu au printemps dernier de commencer
leur dialogue par des invitations réciproques à leurs colloques
annuels respectifs. Cíest ainsi que Suzan Berger et Tim Sturgeon de IMVP/IPC
ont participé activement à notre Rencontre Internationale
en juin à Paris. Robert Boyer, Yannick Lung et moi-même, nous
sommes allés début octobre à Boston à la
réunion
annuelle que IMVP organise avec ses sponsors, ainsi quíà un
séminaire
international sur la globalisation organisé par líIPC (International
Performance Center) du MIT.
Présenté díores et déjà aux sponsors díIMVP comme un réseau associé, le GERPISA a pu leur exposer, ainsi quíau chercheurs de ce réseau, les principaux résultats du premier et du deuxième programmes. Si le discours que nous tenons sur la pluralité des modèles industriels et la diversité des formes díinternationalisation des firmes a été un choc dans une enceinte où est née la thèse de la ìlean productionî, il a néanmoins suscité líintérêt des auditeurs, tant des représentants des constructeurs présents que des chercheurs. Cet intérêt est la manifestation de líévolution des esprits, consécutive probablement aux modifications des rapports de force entre pays et firmes automobile au cours des années quatre vingt-dix. Or nos résultats offrent précisément un des outils de compréhension de ces modifications.
Les conditions semblent donc effectivement réunies pour que le
GERPISA et IMVP commencent à établir des liens officiels,
après près de vingt années de cheminement
parallèle.
Les deux réseaux sont nés en effet au même moment,
en 1980 et 1981. Ils ont eu très vite connaissance de leurs existences
réciproques et ont essayé alors de se rencontrer. Mais les
objectifs, les problématiques comme les modes de fonctionnement
étaient à ce point divergents quíaucune collaboration nía
pu alors síinstaurer. Une deuxième tentative a été
faite vers 1986, qui nía pas plus été couronnée de
succès.
Líimpact international considérable de líouvrage díIMVP The
Machine that Changed the World et le défi intellectuel quíil
représentait par rapport aux orientations du GERPISA ont
été,
on le sait, une des raisons majeures du lancement de notre programme ìEmergence
de nouveaux modèles industrielsî et de la transformation de notre
réseau en réseau international en 1992. Nous avons fait part
alors à IMVP de notre initiative et de notre souhait díéchanger
nos résultats, lors díun passage à Boston. La démarche
fut perçue comme David prétendant discuter díégal
à égal avec Goliath! Depuis cette époque, des liens
informels entre des chercheurs des deux réseaux, facilités
par les colloques organisés par Ulrich Jürgens, Koichi Shimokawa
et Giuseppe Volpato, respectivement à Berlin, Tokyo et Venise, sur
le thème de líautomatisation de líassemblage automobile, ont permis
de fait des échanges intellectuels et la confrontation des points
de vue. Nombre des animateurs díIMVP des années 85-94 sont devenus
aujourdíhui des consultants. La Direction du programme a été
entièrement renouvelée et il nous semble que les chercheurs
du réseau sont soucieux díorienter leur travaux dans un sens plus
ìrechercheî que benchmarking.
Joël Clark, actuel directeur díIMVP, nous a fait des propositions
de collaboration: association des deux réseaux, présentation
des résultats aux colloques annuels respectifs, échange de
documents, collaborations possibles sur certains travaux, publications
communes, etc. Nous en discutons actuellement au secrétariat et
au comité international de direction du programme, avant de soumettre
à nos collègues díIMVP un projet de convention.
Líannée 2000 sera le dixième anniversaire de la publication de The Machine that Changed de World. Notre colloque de juin prochain se propose díanalyser les transformations opérées au cours des dix dernières années et ce quíelles impliquent comme changement de point de vue sur le passé et de perspectives pratiques et scientifiques à l'avenir. Il pourrait en quelque sorte traiter du passage de la ìmachine qui a changé le mondeî au ìmonde qui a changé la machineî! Une partie du colloque sera consacrée à des conférenciers invités, internes ou externes au GERPISA, l'autre partie sera dédiée à la discussion des communications soumises par les membres du réseau. Vous trouverez ci-joint l'appel à communication, auquel vous êtes invités à répondre nombreux.