| La Lettre du GERPISA | no 135 (octobre 1999) |
Éditorial - Michel Freyssenet
Cette étonnante prolifération peut être aussi un signe de désarroi des constructeurs, qui ne savent plus très bien comment se recompose et se diversifie la demande automobile. Car si nombre díentre eux se sont félicités de la dérégulation des rapports salariaux leur offrant une flexibilité tant espérée, ils níont pas clairement vu sa conséquence sur le marché automobile tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Il est désormais dépendant díune distribution du revenu national beaucoup plus concurrentielle entre salariés, beaucoup plus variable dans le temps, beaucoup plus différenciatrice socialement. Or líautomobile demeure un des signes majeurs de distinction et díaffirmation sociale, exigence díautant plus forte aujourdíhui que le passage à un nouveau statut économique et social quíelle veut manifester est rien moins que durablement assuré. Travail et marché sont liés : líun faisant toujours retour sur líautre.
La demande classique, sagement hiérarchisée, ne
génère
plus les volumes suffisants. Les demandes nouvelles sont multiples, de
nature différente et instables, impliquant de concevoir des produits,
dont les éléments communs peuvent être beaucoup plus
réduits quíon ne le pense. Tous les constructeurs níont pas la
capacité
et la possibilité de les appréhender correctement et de les
satisfaire de manière profitable, compte tenu du " compromis de
gouvernement díentreprise " qui est le leur aujourdíhui.