Depuis quinze à vingt ans, l’essentiel
des innovations productives et organisationnelles qui se sont
faites jour dans les systèmes automobiles ont été
sinon motivées du moins justifiées par la nécessité
de s’adapter mieux et plus rapidement à une évolution
des marchés de plus en plus exigeante.
Saturés dans les pays développés,
les dits marchés ont vu la concurrence s’exacerber
et ont conduit les constructeurs à entrer dans une course
à l’innovation et à la différenciation
qui a rendu la demande plus incertaine et exigeante. Dans le
même temps, la recherche de nouveaux débouchés
a conduit à prêter aux marchés potentiellement
émergents une attention qui a redéfini profondément
la géographie de la production.
Sur le plan productif et organisationnel, l’exigence
de flexibilité et plus généralement d’adaptation
permanente de l’offre aux demandes s’est ainsi imposée
comme le maître mot de l’essentiel des restructurations
entreprises, justifiant une tension croissante du flux et une
réactivité des salariés qui structurent
aujourd'hui l'organisation du travail. De même, les performances
relatives des constructeurs et des systèmes automobiles
ont été interprétées en ces termes,
notamment par les analystes financiers.
Le prochain colloque du GERPISA se centrera
sur cette question, longtemps négligée ou marginalisée
dans nos travaux et qui mérite d'être revisitée
pour appréhender les transformations des systèmes
automobiles. Des sessions plus spécifiques (relation
salariale, financiarisation, Etat par exemple) rendront compte
de l'avancement de nos travaux sur les autres thématiques,
mais il serait utile que les chercheurs s'efforcent d'intégrer
dans leur problématique la question de la relation au
marché.