VN à particulier : à la recherche de la solvabilité perdue

L'âge d'or du consentement à payer
Alors que le marché américain donne des signes de moindre dynamisme et que les espoirs de voir le marché européen croître encore en 2017 sont minces, les constructeurs partent assez logiquement en quête des anabolisants aptes à générer pour l’automobile des consentements à payer défaillants chez les ménages. 
 
Comme nous l’avons déjà moultes fois souligné, l’automobile neuve ressort dans les budgets des ménages comme un “bien inférieur” : lorsque leur revenu progresse, le poste de dépense concerné en bénéficie peu et il en résulte que la part des dépenses totales des ménages consacrée à l’achat de VN est presque continument décroissante dans les grands pays européens depuis bientôt 30 ans. En France, depuis 1995, il en est résulté une baisse de la part des dépenses consacrées au transport de très faible ampleur (0,5 point sur 20 ans) mais une baisse assez nette de l’importance relative des dépenses automobiles (1,3 point). Ceci signifie que les ménages ont tendance à réduire l’importance de l’automobile dans leur mobilité et ajustent dans le même temps la composition de leurs budgets automobiles : les dépenses dites d’acquisition perdent en importance au profit des dépenses d’utilisation ; en 1995, l’acquisition des véhicules représentait 35% des dépenses automobiles ; elle en représente moins de 30% en 2015.

  lire la suite

La Chine automobile s’est éveillée

Sans aller jusqu'à Bonaparte...

Malgré des chiffres de vente qui restent extrêmement bien orientés pour les dix premiers mois de l’année 2016, le marché chinois inquiète les grands constructeurs mondiaux en cette fin d’année. 
Si tel est le cas, c’est d’abord parce que le doute plane encore sur la prorogation de la mesure d’une réduction de taxe de 50% sur les véhicules de moins de 1,6 litre de cylindrée prise en fin d’année dernière pour stimuler les ventes dans un contexte où la stagnation se dessinait. On craint que les ventes ne plongent si l’Etat y renonçait. On craint aussi qu’elles ne plongent si l’Etat la maintenait tant il est probable que les ménages aient anticipé leurs achats pour en profiter.
Dès lors que ces interrogations interviennent dans un contexte où les véhicules de marques chinoises poursuivent leur grignotage des parts de marché des grandes JV et où l’installation de capacités importantes se poursuit, le spectre des surcapacités et du cortège de rabais qui y seront associés ne peut que ressurgir. 
Alors que le marché va être entre 23 et 24 millions en 2016, les capacités de production installées seraient d’ores et déjà de 31 millions et le cumul des programmes en cours chez les uns et les autres les porteraient à plus de 37 millions à très brève échéance. 
lire la suite

Le plan de VW : retour dans le rang ou effort concerté pour sauvegarder une gouvernance singulière ?

in
VW Wolfsburg

L’annonce faite vendredi par le Groupe Volkswagen dont Emilie Binois expose aujourd’hui le contenu et les justifications posent quelques problèmes de décryptage. Certains la présentent comme renvoyant à une espèce de "licenciement boursier" où la soif de rentabilité conduirait à dégraisser pour que la profitabilité mise à mal par le coût de "l’affaire" se rétablisse et que le titre se porte mieux. D’autres y voient au contraire – bien au delà des effets de "l’affaire" - la nécessité pour le groupe et – singulièrement – pour la marque VW d’être enfin plus soucieux de sa profitabilité autant que des volumes écoulés et des parts de marché gagnées (1).
lire la suite

Les après-ventes connectées : le précédent poids lourd

Etendre les systèmes de gestion de flotte PL aux VP ?

L’institution qu’est devenue en quelques années le symposium Après-Vente de Autoactu a permis mercredi dernier de cerner avec un peu de rigueur la nébuleuse que représente la "numérisation des après-vente" et de jauger plus particulièrement le degré de maturité des après-ventes connectées. 
Sur ce dernier dossier, les participants au symposium ont pu bénéficier en particulier des lumières de Yves Thépaut, directeur après-vente de Scania France, qui est venu témoigner de ce que ces technologies permettent déjà de faire dans le domaine du poids lourd, de l’autocar ou du bus. Comme on le sait, Scania – comme Man – appartient au groupe VW de la même manière que Daimler continue à faire coexister en son sein une division VI et une division VP là où d’autres groupes comme Renault ou Volvo ont décidé que les métiers étaient trop différents pour que les synergies justifient cette coexistence.
La question des après-ventes connectées redonne de l’acuité à cette problématique et indique, à tout le moins, que, pour différents que soient les marchés de l’après-vente dans le VP et le VI, les professionnels du VP seraient avisés de chercher à tirer les enseignements des 15 ans d’expérience qu’ont les pro du poids lourd dans ce domaine qu’ils découvrent à peine.
lire la suite

La proposition de loi Grandguillaume de régulation des VTC : le politique dans son rôle

Maudits insiders

Les débats que suscite la proposition de loi faite par le député PS Laurent Grandguillaume pour tenter progresser vers une régulation intelligente des taxis, VTC et LOTI (statut issu de la loi d’orientation des transports intérieurs de 1982) sont empreints d’une assez grande violence verbale. 
Outre la nécessité dans laquelle se met le Sénat de ne jamais accepter un texte voté par la majorité à l’Assemblée Nationale sans l’amender largement, c’est ici la très idéologique défense des "innovateurs" du numérique, opposés assez artificiellement à l’horrible et conservateur G7, qui a encore une fois nourri la chronique. 
 
lire la suite

PSA-Renault : l’un a l’Entry, l’autre pas

Duel

Au troisième trimestre 2016, PSA et Renault ont vendu en Europe presque le même nombre de VP et de VUL : PSA a assuré avec ses trois marques 368 000 immatriculations et Renault (avec Dacia) 377 000. Sur 9 mois, PSA a encore l’avantage en Europe puisque le groupe Renault est à 1 346 000 et PSA à 1 424 000. Dans la mesure où les lancements des 3008, 5008, Expert, Jumpy et C3 chez Peugeot et Citroën interviennent en fin d’année ou début 2017, PSA nourrit l’espoir que le trimestre en cours sera plus porteur. Il n’en reste pas moins que, en Europe, la trajectoire de Renault est bien plus flatteuse et que, à l’international, le contraste est encore plus saisissant.
 
lire la suite

PSA - Aramisauto : quand Free2Move se concrétise

Free2move

L’annonce cette semaine d’une prise de contrôle majoritaire de Aramisauto par PSA confirme la volonté du groupe français de donner rapidement un contenu à Free2Move. Au delà des offres de "nouvelles mobilités" associées aux prises de participation dans Koolicar et dans TravelCar, c’est sur les terrains de la PR et du VO que le mouvement est le plus rapide.
 
Exercer les métiers traditionnels des réseaux sur des modes diversifiés et jusqu’ici perçus comme concurrents : tel est clairement l’axe stratégique retenu pour ne plus être contraint de ne travailler qu’avec les clientèles – minoritaires - acheteuses de VN ou de VO récents. Par rapport à une politique produit affichée qui prône la montée en gamme pour Peugeot (et DS) et qui ne semble pas vouloir mettre clairement Citroën "en dessous" des deux autres, tout se passe comme si il s’agissait pour PSA d’aller chercher par les services les clientèles et le parc ainsi délaissés. 
 
lire la suite

Bilan des mesures NOx : Ce que l’ONG Transport et Environnement nous dit sans le faire exprès

Un nouveau type de mesures

  lire la suite

La très Bruxelloise ONG Transport et Environnement a rendu public le 19 septembre son travail de mesures des émissions réelles d’environ 230 modèles Diesel de différentes marques homologuées Euro 5 et Euro 6.
Surfant sur l’affaire Volkswagen, l’ONG fait ce qu’elle peut pour obtenir que les procédures par lesquelles sont homologués les véhicules soient réformées. 
Pour cette raison, les véhicules évalués et le gap qui sépare leurs performances réelles des performances théoriques qui avaient justifié leur homologation sont analysés en fonction des types de subterfuges utilisés pour être homologués et des autorités nationales qui les ont tolérés. 
 

Les mensualités proposées aujourd’hui en LOA sont-elles soutenables ?

Après la location, la reprise

LOA et LLD sont devenus en deux ans des boosters très puissants pour soutenir une demande de VN qui peinait à redémarrer. Face à des cycles de renouvellement peu favorables à leur business, les constructeurs comme les concessionnaires voient en effet là un levier d’accélération du renouvellement. Face à une volonté de "monter en gamme" qui rentre en contradiction avec des consentements à payer pour l’automobile qui sont plutôt déclinant, ils pensent avoir trouvé là le sésame.
 
L’enjeu des durée de détention est assez clair statistiquement : selon la dernière livraison des "Analyses et Statistiques" du CCFA, la durée de détention moyenne d’un véhicule était en France en 2015 de 5,5 ans. Un peu plus élevée encore sur les véhicules neufs que sur les véhicules acquis d’occasion, elle est en constante augmentation depuis 25 ans : cette durée était de 3,7 ans en 1990 et de 4,4 ans en 2000.
lire la suite

Free2Move : les petits pas de PSA vers les nouvelles mobilités

La quatrième marque du groupe.

Avant que l’espace médiatique ne soit saturé par l’attention portée aux rutilantes 3008, 5008, C3 et DS de nouvelle génération sur le Mondial, Carlos Tavares a pris le temps mercredi de préciser quelles ambitions PSA nourrit autour de l’auto-partage et comment, sous la bannière Free2Move, ses initiatives allaient se structurer. 
Etant donnée la propension du petit monde des nouvelles mobilités à nous annoncer des révolutions sur la base de success stories à toute petite échelle présentées (avec la complaisance complice de médias avides de scénarios disruptifs), comme les signes avant coureur de "la fin de la propriété" ou de "l’explosion de l’économie collaborative", on ne peut écouter ce "story telling" qu’animé d’une certaine méfiance.
 
lire la suite

Renault : d’un accord de compétitivité à un accord pour la qualité

Dialogue social, c'est parti

  lire la suite

Tristan Lormeau qui a succédé à Jean Agulhon parti à la RATP en mars 2016 ne va pas forcément avoir une tâche plus facile que ses prédécesseurs qui avaient en 2013 obtenu que CFE-CGC, CFDT et FO signent le "Contrat pour une nouvelle dynamique de croissance et de développement social de Renault en France". 
En effet, la négociation précédente s’était nouée dans un contexte difficile pour Renault, ses parts de marché et sa production en Europe. Ce contexte européen général était redoublé par la situation particulière des sites français : la fermeture d’Aulnay était présente dans tous les esprits et, chez Renault, l’affectation des modèles et des volumes était, depuis de longues années, très défavorable aux sites d’assemblage français ; les menaces de fermeture étaient crédibles.

2016 : nouveau départ de l’électrique ?

Il était une foi...

 Il y a 6 ans, lors du Mondial 2010, on était encore avant le lancement de Zoé et, dans le prolongement du Grenelle, chez Renault et bien au delà, la conviction que le VE serait à même de faire rapidement une vraie percée commerciale était largement répandue, en France en particulier. L’Etat était très présent auprès des industriels et les collectivités ne voulaient pas être en reste. Ce que Axel Villaréal a appelé la "bulle électrique" était en train de gonfler et il paraissait difficile de résister à l’envolée sans se faire ringardiser et apparaître comme une espèce automobile de Kodak, défenseur impuissant de l’argentique face au numérique. lire la suite

2016 : nouveau départ de l’électrique ?

Il était une foi...
Il y a 6 ans, lors du Mondial 2010, on était encore avant le lancement de Zoé et, dans le prolongement du Grenelle, chez Renault et bien au delà, la conviction que le VE serait à même de faire rapidement une vraie percée commerciale était largement répandue, en France en particulier. L’Etat était très présent auprès des industriels et les collectivités ne voulaient pas être en reste. Ce que Axel Villaréal a appelé la "bulle électrique" était en train de gonfler et il paraissait difficile de résister à l’envolée sans se faire ringardiser et apparaître comme une espèce automobile de Kodak, défenseur impuissant de l’argentique face au numérique.
 
lire la suite

Les conséquences de l’affaire VW pour les constructeurs français et le site France

Le moteur EB Turbo PureTech, développé par PSA Peugeot Citroën

Après VW qui avait largement médiatisé son analyse, Reuters faisait état cette semaine de déclarations de Thierry Bolloré qui, lors d’une réunion interne en juillet, aurait émis des doutes quant à la profitabilité d’investissements futurs sur ces motorisations : comme le souligne Reuters, après avoir fait de la résistance et tenté de réaffirmer tout l’intérêt du Diesel et toutes les améliorations obtenues et à attendre, les deux français semblent bien – comme VW – jeter l’éponge et intégrer la nouvelle donne issue de l’affaire VW.
 
lire la suite

L’audition de Martin Verheugen ou l’impossible clarté européenne

L'ancien commissaire européen aux Entreprise et à l’Industrie lors de son audition au Parlement Européen, le 30 août

 La Commission de parlementaires européens EMIS qui examine les causes et – surtout - les conséquences à tirer du "scandale VW" et les propositions faites en ce sens par la Commission a fini par auditionner le 30 août l’ancien commissaire aux Entreprise et à l’Industrie, Martin Verheugen. Il était en poste de 2004 à 2010 et avait à ce titre présidé les travaux de la Commission et des parties prenantes qui concernaient l’industrie automobile et les conséquences qu’auraient pour elles les évolutions que l’on entendait imprimer à la fois au régime de réception des véhicules et aux normes d’émission. Comme tel, il conduisait des travaux à vocation essentiellement "inter D" puisque sa lettre de mission - comme il s’est empressé de le rappeler- était de faire en sorte que le secteur automobile européen reste le plus compétitif au monde et doté du meilleur cadre pour innover, notamment afin de réduire les émissions. lire la suite

 

Maîtriser la volatilité des marchés émergents pour bénéficier de leur croissance

Les pays émergents selon le FMI

L’année 2016 en Europe est placée sous le signe du rattrapage des niveaux d’avant-crise et cela permet aux constructeurs français de compenser leurs déconvenues dans les émergents : Renault qui souffre fortement des chutes des marchés brésiliens et russes peut faire le gros dos et PSA qui peine à confirmer sa percée en Chine affiche malgré cela un bilan de santé enviable. Pourtant, à l’échelle mondiale, la relative saturation du marché américain et le ralentissement confirmé de la croissance du marché chinois maintiennent une pression forte pour rechercher dans les émergents hors Chine les clés de la réussite face aux concurrents.
 
lire la suite

Le joli coup politique du ministre Allemand des Transports

Les "révélations" issues du rapport du Ministère Allemand concernent une nouvelle fois les émissions de NOx et sont d’abord interprétées - comme celles de la Commission Royal ou celles que les autorités anglaises ont faites cette semaine – comme indiquant un écart souvent très importants entre les émissions mesurées sur bancs et prises en compte pour homologuer les véhicules et les "conditions réelles d’utilisation". Ce n’est toutefois pas la mesure de cet écart qui importe le plus. En effet, si l’on prend soin de regarder l’étude, on constate qu’elle a repris les tests standards en vigueur et les a reproduits à froid, à chaud et lorsque la température descend en dessous de 10° C. Elle a ensuite testé les véhicules dans les conditions réelles d’utilisation définies à sa manière et en appliquant la future procédure RDE (1). Elle fournit donc une information sur le bien fondé de la décision d’homologation en Euro 5 et en Euro 6 d’une part et une mesure du gap qu’il faudra combler lorsque l’on changera de procédure de test d’autre part.
 
lire la suite

Ce que l’entrée de Drivy et Koolicar au CNPA veut dire

Koolicar: bien plus qu'un dispositif d'ouverture sans clef

Cette évolution s’incarne dans la transformation de ladite branche en celle des "mobilités partagées" et indique que, au delà des frictions qui subsistent sur les questions fiscales et règlementaires, les uns et les autres ont renoncé au schéma simpliste de la substitution des nouveaux services de l’automobile par les nouveaux pour proposer une espèce de "nouvelle alliance" des anciens et des modernes. C’est dire qu’il n’y aura pas en ce domaine de "destruction créatrice" générée par le rouleau compresseur disruptif de quelques start-ups mais une série d’hybridations nécessaires de part et d’autre. 
 
lire la suite

Chine : vers une officialisation des low speed vehicles qui valide l’option prise par Carlos Ghosn

Au catalogue Ali Baba

Bloomberg attirait il y a un mois notre attention sur l’imminence d’une réintégration dans le champ règlementaire chinois des fameux "Low Speed Electric Vehicles" parfois appelés aussi Mini EVs.
Souvent évoqués dans ces colonnes, ces LSEV constituent depuis longtemps en Chine une voie alternative pour les territoires et les ménages laissés sur le bord du chemin par le développement de l’automobile tel qu’il est orchestré par les grandes JV. 
De même que les dits véhicules ne sont pas immatriculés, leurs conducteurs peuvent se passer de permis, leurs producteurs peuvent se passer d’homologations et développer leur production hors du cadre que la NDRC (National Development and Reform Commission) définit pour structurer l’industrie automobile chinoise. 
 
lire la suite

Avril : PSA à la croisée des chemins

Pousser pour passer

Il y a deux ans lorsque l’accord qui s’était négocié fin 2013 avait été scellé, l’Etat et Dongfeng avait acquis 14% du capital pour 800 millions d’euros chacun. Aujourd’hui, la capitalisation de PSA est de 11,77 milliards d’euros et en détenir 14% signifie donc qu’on est à la tête d’un capital de 1,65 milliard. Il n’est certes pas question aujourd’hui pour l’Etat de céder ses titres mais il n’en reste pas moins que, pour l’Agence des Participations de l’Etat, l’opération est plutôt enviable. Elle le serait même plus encore si l’affaire Volkswagen n’était pas passée par là et n’avait pas fait dégringoler le titre qui a valu jusqu’à 19,70 euros en mai dernier aux alentours de 15 euros aujourd’hui.
 
lire la suite

Syndiquer le contenu

  GIS Gerpisa / gerpisa.org
  4 Avenue des Sciences, 91190 Gif-sur-Yvette

Copyright© Gerpisa
Concéption Tommaso Pardi
Administration Juan Sebastian Carbonell, Lorenza MonacoGéry Deffontaines

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"