La lettre du GERPISA no 84

Nouvelles du Programme 


Réunion du groupe international "Trajectoires des firmes" à Venise, le 21 et 22 avril

Cette réunion a eu trois objectifs: discuter des trajectoires des firmes étudiées jusqu'à présent, esquisser un schéma de synthèse, et fixer le programme de travail pour les mois qui viennent.

Les trajectoires de Honda, Toyota, Ford, Lada, Fiat et Renault ont été examinées. Celles de PSA, GM, Saturn le seront en Juin lors de la session prévue par groupe de travail, ainsi que les compléments qui seront apportés aux trajectoires de honda et Toyota. Lors de la deuxième réunion du groupe international à Berlin fin février-début mars 1995, seront présentées les trajectoires de WV, Volvo, Nissan, Rover, Hyundai et les compléments concernant Lada et GM.

Certaines firmes ont été l'occasion de débats concernant les modèles industriels et la démarche d'analyse. Honda est une firme qui a su, semble-t-il, au moins durant la période étudiée, faire face sans crise et difficultés apparentes aux changements des contextes nationaux dans lesquels elle a évolué jusqu'à présent. Faut-il extrapoler et conclure que Honda s'est doté d'une philosophie et d'une organisation lui permettant de s'adapter efficacement en toutes circonstances? La démarche d'analyse du groupe privilégie les réactions aux problèmes rencontrés, particulièrement lorsqu'ils ont suscité des débats internes, voire des crises, l'hypothèse sous-jacente étant qu'une firme ne change vraiment que lorsqu'elle est déstabilisée en tout ou partie. Reste-elle pertinente dans un cas comme celui de Honda?

Le cas Lada est particulièrement intéressant pour identifier les conditions de possibilité et de viabilité d'un modèle industriel. Cette firme a été la réalisation presque parfaite, voire jusqu'à la caricature, des idéaux industriels de Ford, sans jamais atteindre pour autant l'efficacité correspondante. Il apparaît particulièrement évident dans ce cas qu'un rapport salarial cohérent avec les principes industriels fordiens, notamment la discipline industrielle, est partie intégrante du modèle, que les rapports constructeurs-fournisseurs doivent permettre un approvisionnement régulier.

Avec les autres firmes, il est apparu que l'on pouvait comprendre les changements qu'elles ont connus à partir des crises ou des évolutions concernant les trois conditions nécessaires à toute production: le travail, le marché, les moyens financiers, dans la (ou les) région du monde où elles sont implantées. Il a été convenu que ce schéma d'analyse, bien qu'incomplet et intermédiaire, pouvait utilement orienter la présentation des différentes trajectoires, pour assurer un minimum de comparabilité entre elles et de cohérence à l'ouvrage à venir. Dans cet esprit, il a été décidé que chacun ferait des remarques sur les textes des autres par correspondance bilatérale.

De même, toujours dans l'esprit de réaliser un travail systématique autant que faire se peut, il a été reconfirmé l'utilité de traiter les "20 thèmes" descriptifs des firmes.

Réunion du comité international de direction du programme à Venise, le 23 avril

Elle a réuni la quasi totalité des membres du comité. Elle a été tout d'abord l'occasion de faire un bilan général du travail engagé. A l'ambition initiale de mener des analyses systématiques, soit par firmes et transplants, soit par thèmes transversaux, s'est substituée progressivement un type de coopération consistant à articuler et faire converger des travaux et des textes relevant au départ de préoccupations parfois différentes.

Cette évolution était vraissemblablement inévitable pour deux raisons. La première est qu'il était nécessaire que les membres du réseau international vérifient les possibilités d'un travail coopératif et d'une compréhension mutuelle avant de s'engager dans des recherches originales et comparatives. La coordination de textes semble être une étape qui ne peut être sautée. La deuxième raison tient au mode de financement du réseau, qui ne concerne que les rencontres et les échanges, chacun devant prendre sur son temps et ses propres financements le travail à faire. Cette raison renforce évidemment la première.

Toutefois, dans certains groupes, leurs membres se connaissant mieux et ayant testé leur fiabilité respective ou appréciant mieux l'intérêt du programme initial, on observe maintenant le désir de s'en rapprocher par l'utilisation de grille d'analyse commune.

Le comité a décidé de pousser dans ce sens, et le programme des groupes sera adapté en conséquence. Notamment, la description des firmes selon les "20 thèmes" a été considérée comme une nécessité pour ne pas passer sous silence certains changements sous-estimés et pour disposer d'une base commune de connaissances évitant les malentendus et les plus grosses ignorances. Elle est apparue aussi comme une nécessité pratique: les firmes acceptent de fournir les informations demandées sous réserve de disposer des mêmes informations pour les autres firmes. Un nombre trop réduit de constructeurs décrits selon les 20 thèmes enlève évidemment de l'intérêt à l'opération.

Les échéances ont été reprécisées. Les différents manuscrits doivent être terminés au plus tard fin 1995. La troisième Rencontre Internationale sera consacrée à la présentation et à la discussion des synthèses par thème et la synthèse finale. La deuxième vague de réunions internationales par groupe qui se tiendront début 1995 aura pour fonction de fixer les dernières orientations et règles pour la rédaction des ouvrages.

La deuxième Rencontre Internationale et le Gerpisa France

Comme les membres du GERPISA France ont pu le voir à la lecture du programme de la Deuxième Rencontre Internationale et comme annoncé, les intervenants seront cette année essentiellement des chercheurs d'autres pays et les responsables de groupe. La raison est double: le travail des membres français est généralement plus avancé et a fait l'objet de présentation et de discussion soit l'année dernière, soit dans les réunions internationales, soit dans les journées de travail, et se trouve souvent intégré et mentionné dans les synthèses; les membres étrangers ont besoin de soumettre à discussion leur contribution, ayant moins l'occasion de débattre de son adéquation au programme.

Certains textes de membres français, qui ne feront pas l'objet de présentation orale, pourront toutefois figurer dans les Actes qui seront distribués à l'ouverture de la rencontre et seront ainsi versés à la discussion. Les responsables de groupe doivent les faire parvenir au GERPISA immédiatement, s'ils ne l'ont pas déjà fait.


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