| La Lettre du GERPISA | no 145 (octobre 2000) |
Éditorial - Yannick Lung
Créé en mars 1981, le GERPISA (Groupe díEtudes et
de Recherche Permanent sur líIndustrie et les Salariés de líAutomobile)
est donc dans sa vingtième année díexistence en tant
réseau
scientifique réunissant des chercheurs en sciences sociales de
disciplines
diverses (histoire, sociologie, économie, gestion, géographie,
etc.) travaillant sur líindustrie automobile. Líexigence fondatrice
était
de regrouper des chercheurs travaillant de première main sur cette
industrie, en considérant que leur objet de la recherche níétait
pas une abstraction lisse, mais au contraire un sujet social riche díune
épaisseur sociale et historique, chargé des contradictions
que génèrent les relations humaines. En mettant líaccent
sur lí ëindustrie et les salariés de líautomobileí dans sa
dénomination,
le GERPISA explicitait líimportance accordée aux relations sociales
pour appréhender la dynamique de líindustrie automobile.
Pendant les premières dix années de son existence, le GERPISA a été un groupe de chercheurs français qui se réunissait tous les mois à líEcole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Boulevard Raspail, dans le cadre du Centre de Recherches Historiques, pour échanger des informations de base (notamment bibliographique) et débattre díun papier présenté par líun des membres ou par un chercheur étranger de passage à Paris. Le 6 octobre prochain, nous en serons ainsi à la 123ème journée de travail. Les premiers exemplaires de la Lettre du GERPISA rendaient compte de cette démarche. Des projets collectifs ont aussi été menés à bien : des séminaires débouchant sur la publication des premiers numéros (épuisés) des Actes du GERPISA, un ouvrage sur Líindustrie automobile (un des premiers numéros de la Collection "Repères" aux Editions La Découverte), la constitution díun annuaire statistique de líindustrie automobile, deux rapports díétude (líun sur le rapport salarial, líautre sur la gestion de projet)..
A partir de 1991, la question des modèles productifs devient centrale pour la plupart des chercheurs travaillant sur líindustrie automobile compte tenu de la percée remarquable effectuée par les constructeurs japonais au cours de la décennie 80. Il convient de comprendre le changement structurel auquel est confrontée líindustrie automobile mondiale en analysant ses différentes dimensions et en procédant à une fructueuse mise en perspective historique. Le programme de recherche Emergence de nouveaux modèles industriels va se forger et se structurer pour déboucher en juin 1993 sur la Première rencontre internationale du GERPISA, nouvelle étape qui amènera le GERPISA à se transformer en réseau international. Ce qui sera possible grâce au soutien matériel de la Commission Européenne, des constructeurs Renault et PSA et du CCFA, ainsi que de France Telecom et à la reconnaissance comme "équipe díaccueil" de líUniversité díEvry-Val díEssonne par le Ministère de líEducation Nationale et de la Recherche en France.
Comme réseau scientifique national, puis international, le GERPISA fonctionne sur la base díune logique de type don/contre-don à la Mauss : chaque membre y amène ce quíil décide díy apporter et y retire ce quíil souhaite, dans une logique de réciprocité excluant toute relation marchande ou hiérarchique. Comme tout réseau producteur díexternalités, cíest líétendue du réseau (le nombre des participants et la rapidité de diffusion des informations et connaissances nouvelles) qui fait la valeur de ce réseau. La variété disciplinaire et géographique de ses membres, la qualité scientifique des travaux de recherche quíils développent, la liberté de débats qui prévaut ont permis de pérenniser le GERPISA sans que cette dynamique de réseau níait à pâtir de comportements de francs-tireurs.
Cette dynamique a permis des productions scientifiques importantes, tant dans la mise en úuvre du premier programme que dans la réalisation du second. Le premier ouvrage collectif présentant les résultats de ce programme (Entre mondialisation et régionalisation : quelles voies possibles pour líinternationalisation de líindustrie automobile ?) a été publié chez Macmillan en Grande-Bretagne et St Martinís Press aux USA dès cet été : Global Strategies and Local Realities. The Auto Industry in Emerging Countries, édité par J. Humphrey, Y. Lecler et M. Salerno. Deux autres volumes sont en voie díachèvement : líun analyse les stratégies díinternationalisation des firmes et líautre traite des processus de régionalisation des espaces automobiles. La conclusion de ces ouvrages avant la fin de lían 2000 permettrait de diffuser rapidement les résultats de ce programme et de mobiliser les énergies sur le nouvel enjeu La coordination des compétences et des connaissances dans les systèmes automobiles régionaux engagé en juin dernier ? dans le prolongement du projet CoCKEAS soutenu par la Commission Européenne. Le programme de travail en cours de définition est déjà chargé de réunions de travail, séminaires et autres colloques dont vous trouverez líagenda à la dernière page de cette Lettre. Le Comité de Pilotage se réunira les 15-16 décembre 2000 pour finaliser le programme et vous êtes invités à nous faire part de vos propositions et remarques dans le prolongement des discussions engagées en juin dernier.
En attendant ces nouveaux débats et échanges, le CCFA nous invite à partager un moment de convivialité automobilistique à líoccasion de la visite du Mondial à Paris le 6 octobre prochainÖ avant que nous fêtions les 20 ans révolus du GERPISA au printemps 2001Ö