| Ce livre consiste en une comparaison internationale des transformations
intervenues dans l'industrie automobile de l'Amérique Latine depuis
le mouvement de libéralisation des années 1980, selon deux
axes. D'abord, l'évolution des politiques publiques et les nouveaux
modes d'organisation de la production dans le cadre de la
libération du marché et de l'intégration
régionale. Ensuite, l'introduction de la production flexible dans
l'organisation du travail et des relations professionnelles, les nouvelles
pratiques de mobilisation de la main d'uvre, les attitudes
syndicales et les formes de compromis salarial établies entre
syndicats, entreprises et état. Après une introduction
générale, des chapitres spécifiques examinent les
cas de l'Argentine (Ana Maria Catalano et Marta S. Novick), du
Brésil (Glauco Arbix et Iram Jácome Rodrigues), du
Venezuela à partir du cas Renault (Mauricio Cárdenas
P.), du Mexique (John T. Morris) et en particulier ses usines
anciennes (John P. Tuman) et enfin du Venezuela (Héctor
Lucena). Sur ces deux axes, John Morris et John Tuman tirent quelques
considérations générales
|
| Les accords régionaux ont stimulé les échanges
à l'intérieur de chaque zone, Nafta, Mercosur, Groupe Andin.
Ces regroupements commerciaux montrent l'impact de ces accords de libre
échange et incitent les multinationales à y adapter leurs
systèmes de production et de distribution régionale, au
moins comme préalables à une franche internationalisation.
Les investissements étrangers se sont concentrés vers le
Mexique et le Brésil et dans une moindre mesure vers l'Argentine.
Ces pays ont connu une très forte croissance de leurs
capacités de production et constituent les pôles d'une
structure régionale de la production et de la distribution.
|
| Les nouvelles implantations au Mexique et au Brésil ont
évité les régions industrielles centrales et ont
souvent construit des green plants, entourés
d'équipementiers, souvent étrangers, vers lesquels sont
transférées beaucoup d'activités, afin de
réduire les salaires. Cela donne naissance à de nombreux
complexes automobiles entièrement nouveaux. Face aux changements
dans l'organisation du travail, les syndicats ont été moins
enthousiastes que les managers et les politiques. Selon les cas, ils ont
contrecarré ou médiatisé la diffusion des
méthodes dites "japonaises". Au Mexique, en Argentine et au
Brésil, l'accord des salariés pour les nouvelles formes
d'organisation du travail a souvent été lié à
des garanties sur le niveau d'emploi ou sur l'avenir des
rémunérations, et surtout à l'implication de
l'État qui cautionnait les accords passés avec les
entreprises. Quand les responsables de l'état et les employeurs
n'ont pas voulu apporter ces garanties, ou ont failli dans l'application
des accords, les travailleurs se sont tournés vers des
revendications immédiates. En fin de compte, les liens
corporatistes entre syndicats et état continuent de jouer un
rôle important dans le contexte latino-américain.
|