| La Lettre du GERPISA | no 124 (juin-juillet 1998) |
Une année d'un constructeur - Kémal Bécirspahic dit Bécir
Réalisé grâce à la Revue quotidienne de presse, éditée par Christian Mory au CCFA
Nihon Keizai Shimbun écrit en juillet 1997 que Mitsubishi commencera à produire des monospaces dans son usine conjointe avec Volvo au Pays-Bas (NedCar) à la fin de 1998. NedCar réaménagera les installations antérieurement utilisées pour la production des voitures compactes Volvo, ce qui devrait permettre de réaliser une économie de 20 à 30 milliards de yens sur les investissements initialement prévus. Mitsubishi compte écouler quelque 50.000 monospaces par an en Europe. En novembre, De Telegraaf écrit que Mitsubishi et Volvo ont décidé d'injecter un milliard de florins (3 milliards de FF) dans le capital de NedCar, l'objectif étant d'accroître le volume de production de 200.000 unités cette année à 280.000 dans quelques années. Cet investissement sera également affecté à la recherche et au développement.
Financial Times annonce en juillet 1997 que Mitsubishi va investir 23 milliards de yens pour construire une usine à Yagi (transmissions et moteurs). Mitsubishi n'a pas construit d'usine au Japon depuis 1979.
Nihon Keizai Shimbun écrit en octobre 1997 que Mitsubishi pourra développer, d'ici 2005, un moteur essence à injection directe nettement plus performant que la famille GDI actuelle. Les nouveaux organes permettraient de réduire la consommation et les émissions de dioxyde de carbone de 30% par rapport aux modèles de 1995. Les objectifs de Mitsubishi dépassent ceux fixés par l'ensemble de l'industrie automobile japonaise, qui portent sur une réduction de 15% des émissions et de la consommation de leurs véhicules d'ici 2010, ainsi que ceux prônés par les autorités gouvernementales, qui souhaitent une amélioration de 20%. La plupart des voitures et des tout terrain Mitsubishi seront équipés de la nouvelle famille de moteurs GDI en 2005.
La presse mondiale écrit en octobre 1997 que la police japonaise a interpellé quatre cadres supérieurs de Mitsubishi suspectés de versements illégaux de fonds à la pègre. M. Kimura, directeur général de Mitsubishi, a révélé que ces responsables avaient versé au total 23,5 millions de yens depuis 1989 à leurs contacts dans les milieux de la pègre. Il a annoncé qu'il démissionnerait de sa fonction, ainsi que M. Nakamura, président de Mitsubishi Motors. « Nous ne sommes pas coupables, mais responsables, et c'est à ce titre que nous démissionnons », a déclaré M. Kimura. La firme a fait savoir qu'elle cesserait toute relation avec les sokaiyas, qu'elle élaborerait un code d'éthique et qu'elle renforcerait sa collaboration avec la police pour éviter de telles situations. Nihon Keizai Shimbun écrit début novembre que Mitsubishi annonce une baisse de 30% de ses ventes en octobre ; l'introduction de moteurs essence à injection directe sur un nombre croissant de modèles n'a pas suffi à enrayer la chute de ses ventes.
En novembre 1997, Mitsubishi prévoyait des résultats consolidés déficitaires au cours de l'exercice 1997/98 qui s'achève le 31 mars 1998, en raison de l'atonie du marché, du scandale de versement de fonds à la pègre et des pertes importantes de change subies par sa filiale thaïlandaise MMC Sittipol. Le constructeur tablait sur une perte nette consolidée - la première de son histoire - de 40 milliards de yens cette année, alors qu'il espérait dégager un bénéfice avant impôts de 11,6 milliards de yens. La firme a également revu à la baisse ses prévisions de ventes de véhicules, à 1,26 million d'unités, contre 1,34 million initialement annoncé. Le nouveau directeur général de Mitsubishi, M. Kawasoe, a déclaré fin décembre que l'année 1997 avait été pour la firme « peut-être la plus mauvaise de son histoire ».
Nihon Keizai Shimbun raconte en décembre que Mitsubishi vient de signer un accord avec le gouvernement de Shanghai en vue de la réalisation d'une étude de faisabilité sur l'utilisation des GPL. Le projet prévoit l'adaptation aux GPL des 40.000 taxis et de certains autobus de la ville de Shanghai d'ici cinq ans. Mitsubishi construit actuellement un centre de stockage à Shanghai pour l'importation de GPL.
Financial Times écrit en mars 1998 que Mitsubishi réduit sa production en Australie ; la société a suspendu pour une durée de deux ans un projet visant à accroître la production de blocs moteurs à Lonsdale de 280.000 à 440.000 unités par an. La plupart de ces moteurs auraient été destinés au marché japonais. Par ailleurs, le constructeur a différé le lancement de son projet d'assemblage de voitures en Indonésie.
Nikkei Industrial Daily annonce que Mitsubishi va renforcer son offre de véhicules tout terrain sur le marché japonais en remodelant et en élargissant la famille Pajero qui reste le véhicule le plus rentable de la firme. Le Monde écrit fin mars que Mitsubishi a reçu le European Auto Innovation Award 1998 pour son moteur à essence à injection directe, qui équipe la Carisma et les Volvo S40/V40.
D'après Asian Wall Street Journal du 23 avril 1998, Mitsubishi a annoncé un programme de réorganisation destiné à améliorer ses capacités d'adaptation à l'évolution du marché et à assainir sa situation financière.
A la mi-mai, la presse mondiale pense que la fusion de Daimler-Benz avec Chrysler, considérée par la plupart des analystes comme le plus grand bouleversement survenu dans l'industrie automobile mondiale ces dix dernières années, aura un impact inévitable sur les constructeurs japonais. Si Toyota et Honda semblent bien préparés pour relever les défis du troisième millénaire, les autres firmes nippones se trouvent fragilisées par la crise asiatique ; Mitsubishi, notamment, devrait annoncer les plus mauvais résultats de toute son histoire pour l'exercice 1997/98 clos fin mars. Certains analystes n'excluent pas une collaboration entre Daimler-Benz et Mitsubishi, collaboration qui offrirait au groupe allemand une gamme complète de voitures au Japon mais aussi sur tout le continent asiatique...