La Lettre du GERPISA no 119 (janvier 1998)

Une année d'un constructeur - Kémal Bécirspahic dit Bécir


TOYOTA

Réalisé grâce à la Revue quotidienne de presse, éditée par Christian Mory au CCFA

"Toyota prépare une offensive sur l'Europe", écrit, fin décembre 1996, Automotive News Europe. Pour l'hebdomadaire, il semble que Toyota accorde désormais la priorité à l'Europe et non plus aux Etats-Unis. Le constructeur prévoit le lancement d'une "petite" Lexus et d'une mini-voiture (du type Ford Ka), toutes deux adaptées au marché européen ; un renforcement de l'image de qualité et d'innovation ; l'amélioration de l'efficacité du réseau. L'objectif est de faire passer la part de marché de 2,5% à 4% (600.000 ventes en 2000 contre 410.000 en 1996).

Tout juste un an plus tard, le 3 décembre 1997, la presse écrit que Toyota s'installera à Valenciennes (France). Le Parisien cite M. Schweitzer, président de Renault, qui souligne que les emplois créés par Toyota en France en détruiraient certainement d'autres ailleurs, compte tenu des surcapacités de production en Europe. Les anciens salariés de l'usine Renault de Vilvorde (Belqique) qualifient de "véritable insulte" l'installation de Toyota à 80 km du site.

Egalement en décembre 1997, M. Hiroshi Okuda, président de Toyota, dans un entretien accordé au Monde, explique que Toyota veut conquérir l'Europe de l'Est à partir de Valenciennes.

"Hausse de la production de Toyota en 1996", écrit Nihon Keizai Shimbun en janvier 1997. La production de Toyota au Japon a augmenté de 7,5% en 1996. Il s'agit de la première hausse de la production du constructeur au Japon depuis 1990.

Mais Automotive News écrit, le 31 mars 1997, que Toyota n'a pas atteint tous les objectifs qu'il s'était fixés en 1995 dans son Nouveau Programme de Mondialisation. Sa production à l'étranger, notamment, n'a représenté que 58% des ventes totales en 1996, taux inchangé par rapport à 1995, alors que l'objectif portait sur 60%. Toyota compte toutefois parvenir à un taux de 65% d'ici 1998.

Car écrit en janvier 1997 que la Toyota Corolla a fêté ses trente ans : 20,5 millions d'exemplaires du modèle ont été produits dans le monde depuis 1966. Car indique que le constructeur lancera une nouvelle génération de Corolla au Japon l'an prochain et introduira une version spécifique du modèle en Europe. La production démarrera au Royaume-Uni en 1998.

"Toyota installe une ligne de production de véhicules hybrides à Aichi", écrit, fin juin 1997, Nihon Keizai Shimbun. Elle devrait être opérationnelle à la fin de l'année. Le véhicule hybride (essence-électricité), baptisé Prius, est équipé d'une batterie nickel-hydrogène et d'un moteur de 1500 cm3 : ses émissions de monoxyde de carbone et d'oxyde d'azote ont pu être réduites de 90% par rapport à celles d'un moteur essence équivalent. Il s'agira du premier véhicule essence-électricité produit en série dans le monde.

L'Echo et Le Figaro écrivent en janvier 1997 que les Japonais cherchent à améliorer l'interaction entre l'homme et la machine. Ainsi, Toyota déclare être "intéressé par une semi-automatisation où le salarié et la machine travaillent ensemble". Il a mis en place, à Miyata (Kyushu), un système où chaque salarié change de poste toutes les deux heures, afin de réduire les risques d'accident, d'accroître la polyvalence des salariés et la qualité.

Business Week dresse un portrait, en avril 1997, de M. Okuda qui, selon le magazine, insuffle un nouveau dynamisme et une nouvelle philosophie au groupe : sa stratégie, basée notamment sur un effort particulier d'adaptation à chacun des marchés, commence à porter ses fruits. La croisade menée par M. Okuda pourrait faire de Toyota un acteur plus que jamais incontournable du marché mondial de l'automobile.

Asian Wall Street Journal écrit en octobre 1997 que Toyota va investir 200 millions de dollars dans la création d'une société de financement en Argentine destinée à sa clièntelle et à ses concessionnaires. M. Okuda a déclaré que le Mercosur était un marché prioritaire dans la stratégie du groupe. M. Okuda a indiqué que la filiale argentine avait atteint son objectif de production de 10.000 unités initialement fixé pour les douze mois de 1997.

Mais dans un entretien accordé à Der Spiegel du 31 mars 1997, M. Okuda déclare que le Japon reste un débouché essentiel, car Toyota doit y accroître sa pénétration, qui est légèrement inférieure à 40%. Les Etats-Unis et l'Europe jouent également un rôle important, ainsi que la Chine et l'Inde, bien que ces pays souffrent du manque de voies carrossables. M. Okuda précise : "Nous allons donc prendre notre temps, là-bas : cinquante à cent ans"...


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