La Lettre du GERPISA no 115 (juillet 1997)

Nouvelles des firmes - Frédéric Decoster

Les fermetures d'été dans l'industrie automobile européenne

Bientôt les vacances d'été... À ce sujet, quelles sont les pratiques et les tendances des firmes en matière de fermeture l'été en Europe ?

Le tour d'horizon est difficile, car les entreprises communiquent peu sur le sujet, sauf souvent de manière indirecte, dans des commentaires concernant l'embauche pour l'été d'intérimaires ou d'étudiants, ou le fait de lancer de gros travaux, etc... La fermeture sur 4 semaines est probablement très répandue, mais si l'on ne se référait qu'aux articles de presse et à d'autres sources bibliographiques relatives aux entreprises, on en conclurait vite que c'est au contraire un cas minoritaire.

Que disent les entreprises qui en parlent ? Opel, par exemple, est passé récemment à 3 semaines de fermeture et déclare ne pas vouloir descendre en dessous de cette durée, ceci pour garder une plage de temps suffisante pour mener à bien des travaux lourds de modifications (mise en place de nouvelles installations, mise à niveau technique, etc...).

À contrario, VW semble bien décidé (et SEAT lui emboîte maintenant le pas) à aller vers la suppression complète de cette fermeture. En cela, il rejoindrait Audi, qui assurerait jusqu'à 90% de sa production grâce à des intérimaires.

Pourquoi cette tendance à la diminution, alors que cette période de fermeture permet, comme on l'a dit plus haut, de mener de gros travaux, en particulier des préparations de démarrage de nouveaux produits ?

Le gros de l'explication réside dans le fait que les mois précédant Juillet et Août sont souvent parsemés de jours non travaillés, ce qui entraîne une diminution des volumes produits mensuellement ; un arrêt de 4 semaines ne peut alors qu'aggraver fortement le phénomène. Des calculs simples montrent que le niveau quotidien de production nécessaire durant les jours ouverts de Mai à Août doit être beaucoup plus élevé que celui nécessaire de Septembre à Décembre, même si la demande est en moyenne la même pour ces deux périodes d'égale durée.

Comment alors continuer à répondre dans les mêmes délais aux clients ? On peut jouer sur la cadence, mais l'expérience montre bien qu'il est préférable, tant sur le plan technique que social, de la laisser stable sur de longues périodes plutôt que d'en faire un outil d'ajustement permanent. Il reste donc à tenter de lisser sur l'année l'emplacement des jours non travaillés (une autre variable apparaît alors, qui est celle de la variation saisonnière de la demande). On note d'ailleurs que, dans un certain nombre de cas, il y a fermeture de sites entre Noël et le jour de l'an, c'est-à-dire dans une période où les jours fériés, hormis ces deux-là, sont peu nombreux.


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