| La lettre du GERPISA | no 114 (juin 1997) |
Une année d'un constructeur - Kémal Becirspahic dit Becir
Réalisé grâce à la Revue quotidienne de presse, éditée par Christian Mory au CCFA
"Nissan est le premier constructeur japonais dont la production à l'étranger a franchi le seuil des dix millions d'unités", écrit Nihon Keizai Shimbun du 16 octobre 1996. En effet, à la fin du mois de septembre la production de Nissan à l'étranger totalisait 10.014.485 unités, dont 2,1 millions de véhicules au Mexique (où le constructeur a établi, en 1966, sa première base de production étrangère), 3,5 millions aux États-Unis (établi en 1983) et 1,4 millions au Royaume-Uni (en 1986).
Automotive News écrit en avril 1997 qu'après avoir accumulé près de 4,3 milliards de dollars de pertes ces quatre dernières années, Nissan devrait afficher des résultats positifs pour l'exercice 1996/97 achevé le 31 mars. ce retour aux bénéfices devrait également marquer une transition dans la stratégie de la firme, qui compte passer à l'offensive après quatre années de rationalisation et de réduction des coûts. Le Figaro du 20 mai 1997 consacre un dossier au redressement et à la stratégie du constructeur et publie un entretien avec Yoshikazu Hanawa, président de Nissan, qui fait part de son intention de mettre en place une nouvelle organisation pour le développement des modèles, pour la production et la commercialisation, afin de faire entrer l'entreprise dans une nouvelle phase de croissance. Frankfurter Allgemeine publie également un entretien avec Yoshikazu Hanawa, en octobre : selon lui, le bon rapport qualité-prix et l'équipement complet ne sont plus les premiers critères de choix des acheteurs de voitures japonaises, les constructeurs européens ayant largement rattrapé leur retard dans ce domaine. Nissan doit donc mettre en avant le caractère à la fois solide et sportif de ses modèles et continuer de s'adapter aux marchés étrangers, comme il l'a fait avec la Primera, essentiellement destinées à l'Europe. D'ailleurs, pour Nissan, les deux marchés les plus importants sont l'Europe et les États-Unis ; le constructeur reste sceptique quant à un succès sur les marchés asiatiques (hors Japon), les pays d'Asie favorisant l'installation de leurs propres constructeurs. Quant à l'avenir de Nissan sur le marché japonais, le président de la firme n'exclut pas un processus de concentration entre les onze constructeurs japonais, ou de spécialisation, comme dans le cas de Isuzu, filiale de GM, qui a abandonné la branche voiture pour se concentrer sur les véhicules utilitaires.
"Nissan va ramener son cycle de développement à 19 mois", écrit Nihon Keizai Shimbun en février. Dès cette année, Nissan va réduire de 40% environ le cycle de développement de tous ses modèles, à 19 mois, dans le but d'accroître la flexibilité de ses activités commerciales et de répondre plus facilement à la concurrence. Actuellement le cycle s'établit à 30 mois. Nissan est le premier constructeur japonais à fixer un objectif inférieur à 20 mois pour la totalité de sa gamme. Nissan va utiliser un système dans lequel les processus de conception et de fabrication sont menés en parallèle ; un réseau informatique permettra en outre les échanges permanents entre les deux départements. Le nouveau système permettra à Nissan de diminuer d'un cinquième le nombre des modifications apportées en cours de développement, à 600-1000, contre 3000-5000 avec les méthodes traditionnelles, et de lui permettre de réaliser une économie de 30% sur le coût total de développement d'un véhicule.
Cette année, Nissan lancera huit nouveaux modèles, dont six véhicules de loisirs ; la firme souhaite ainsi se donner les moyens d'accroître sa part de marché au Japon, à 25% d'ici 2000, contre 20,4% en 1996. Toutefois, d'après Automotive News du 7 avril, le retour aux bénéfices de Nissan laisse les analystes sceptiques ; ils jugent les ambitions du constructeur trop optimistes. Son endettement est encore très élevé (les estimations de Merrill Lynch portent sur 29,6 milliards de dollars à la fin mars 1997, contre 14,9 milliards en 1990) ; ses capacités de production sont sous-utilisées (73% actuellement, contre 92% en 1992) ; sa pénétration sur les principaux marchés baisse ou stagne (21% au Japon en mars 1997 contre près de 24% en 1991 ; 3% en Europe contre 3,5% en 1991, et 5,5% aux États-Unis contre 5% en 1991).
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