| La Lettre du GERPISA | no 112 (avril 1997) |
Éditorial - Michel Freyssenet
Le débat sur le les plans de travail des groupes, dans le cadre du deuxième programme international du GERPISA, continue dans ce numéro. Hikaru Nohara de l'Université d'Hiroshima insiste sur trois effets du mouvement actuel d'internationalisation : la répartition différenciée des fabrications entre pays au sein d'une même firme, les relations entre constructeurs, assembleurs et équipementiers, les changements dans l'organisation productive. Sur ce dernier point, il considère que Toyota et Honda s'intéressent à la production en autonomie complète, que des fabricants japonais d'ordinateurs, d'appareils vidéo, de microscopes, etc. auraient déjà mise en oeuvre. Il s'agirait du montage d'ensembles complet par une ou plusieurs personnes. Initialement dû à la crise de recrutement, dont Toyota a particulièrement souffert à la fin des années 80, l'intérêt pour les expériences de réforme du travail effectuées par Volvo dans les années 7à et 80 se trouverait renforcé par la flexibilité productive et l'économie d'investissement qu'elles permettent. Flexibilité productive et économie d'investissement deviendraient des objectifs essentiels en raison de la fragmentation de la demande et de la réduction de la durée de vie des modèles, que l'internationalisation des marchés accentuerait. Koichi Shimizu nous confirme, à la rubrique visite d'usine, que Toyota poursuit son programme de segmentation de ses lignes d'assemblages et d'introduction de stocks tampons, à l'occasion de changement de modèle.
Dans le même temps, l'industrie automobile européenne rend public le fait qu'elle est devenue surcapacitaire. L'annonce de la fermeture de l'usine de Vilvoorde en Belgique par Renault en est la manifestation la plus spectaculaire. La conjonction de gains de productivité systématiques, de l'externalisation de nombreuses fabrications et des politiques budgétaires restrictives des gouvernements européens qui dépriment durablement les marchés automobiles ne pouvait que conduire à cette situation. Dans un tel contexte, André Vandorpe s'interroge sur l'avenir des usines automobiles implantées en Belgique. A qui a profité en Europe le mouvement d'externalisation de certaines fabrications ? Les calculs faits par David Sadler et qu'il a présentés à la journée de travail de GERPISA-France le 14 mars (voir questions de recherche par Nicolas Hatzfeld) tendent à montrer que ce sont les équipementiers de premier rang qui en seraient les bénéficiaires, les constructeurs n'étant pas parvenus à garder le contrôle de la chaîne de la valeur.
Vous avez probablement déjà reçu
la fiche d'inscription à la Rencontre Internationale de
Juin, ainsi que le programme provisoire. En dehors des communications
qui ont été demandées à des membres
du réseau pour les séances sur les trajectoires
d'internationalisation des firmes, thème principal de la
Rencontre de cette année, nous avons reçu une trentaine
de propositions, dont 25 ont été retenues. Elles
seront publiées dans les Actes de la Rencontre et
discutées dans les sessions parallèles.
Sommaire du numéro 112 ;
Les éditoriaux
de La Lettre ;
Liste des numéros disponibles ;
Informations sur ce serveur.