La lettre du GERPISA no 111 (mars 1997)

Note d'ouvrage - Nicolas Hatzfeld


Transforming Automobile Assembly Experience in Automation and Work Organization

K. Shimokawa, U. Jürgens, T. Fujimoto (Eds.)

Le livre est issu de deux conférences tenues à Berlin en 1992 et Tokyo en 1993. Il rassemble une grande diversité de cas et de conceptions, en particulier entre chercheurs et gens d'entreprise, et entre régions du monde. Les débats sont organisés en fonction de deux perspectives, systémique et historique. On retrouve parmi les auteurs de nombreux membres du Gerpisa, à commencer par les coordinateurs.

La première partie aborde des aspects historiques et conceptuels. Hsieh, Schmahls et Seliger survolent l'histoire de l'assemblage en Europe. Le déploiement des robots est examiné sous un angle technique et économique (Whitney), et à travers les modes de leur diffusion (Tidd) en Grande-Bretagne et au Japon. Fujimoto étudie les différents sens donnés par les firmes aux ratios d'automatisation qu'elles emploient.

La seconde partie présente différentes approches, à partir de dix cas d'étude sur des firmes japonaises et européennes. La plupart de ces études sont écrites par des représentants des firmes ayant en charge ce type de questions. Pour le Japon : Mistubishi (Mishima) avec la dimension humaine de la technologie et les activités de Kaizen ; Toyota (Niimi et Matsudaira) et les efforts pour améliorer le travail et surmonter les problèmes apparus à la fin des années 80 et qui perdurent ; Mazda et l'assemblage modulaire en production diversifiée (Kinutani) ; Honda, et l'apprentissage organisationnel réalisé à travers une production en petite série (Tanase, Matsuo et Shimokawa) ; enfin, Nissan (Naitoh, Yamamoto, Kodama et Honda) et un système flexible de tôlerie. Pour l'Europe : Opel Eisenach (Enderle) ;Volkswagen Bruxelles (Wilhelm), avec les concepts de plate-forme et de module et leurs effets sur l'assemblage ; la portée de la stratégie d'automation et de responsabilisation des équipes à Renault (Decoster, Freyssenet) ; Fiat, et l'apprentissage au fil des approches successives de l'automatisation (Camuffo, Volpato) ; la production réflexive à Volvo Uddevalla (Ellegård).

Les problèmes et perspectives sont abordés suivant quelques axes : qualité de travail, ergonomie, nouvelles formes d'organisation, conception simplifiante, recyclage. Fujimoto traite des stratégies des constructeurs japonais pour améliorer la qualité de travail. Mac Duffie et Pil présentent les résultats de leur comparaison internationale sur le thème du livre, dans le cadre du programme IMVP. Jürgens présente la tendance, en Europe, à une sorte de retour vers le principe de ligne classique d'assemblage. Springer, puis Kuhlmann et Schumann étudient les effets du travail en groupe. Freyssenet et Ellegård analysent l'utilisation des compétences ouvrières, et définissent une automatisation fondée sur la fiabilisation des process par les opérateurs. Berggren compare la technologie allégée d'Uddevalla à l'approche "high-tech" des Japonais. Mishina présente une étude sur la représentation, finalement assez critique, des salariés sur le travail en structures fixes, notamment sur chariots filoguidés. Benders et Dankbaar montrent l'impact des principes japonais dans l'industrie hollandaise. Enfin, Seliger, Hentschel et Kriwet étudient les questions du recyclage des voitures.

La conclusion souligne la différence de choix effectués en Occident et au Japon au cours des années 80, discute l'efficacité du juste-à-temps et fait ressortir la variété des systèmes d'assemblage.


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