| La lettre du GERPISA | no 106 (octobre 1996) |
Une année d'un constructeur - Kémal Bécirspahic dit Bécir
Les spécialistes s'accordent à considérer PSA Peugeot Citroën comme un groupe "structurellement sain et transparent", écrit le Monde en février, et le Figaro, en mars, consacre un dossier à la nouvelle stratégie commerciale du constructeur: les produits nouveaux et originaux, le rajeunissement prudent de la gamme. Le Wall Street Journal du 2 mars 1996 écrit que PSA continue à développer des voitures aux lignes classiques et à mener une stratégie d'expansion prudente à l'étranger, contrairement à d'autres constructeurs européens qui se lancent sur les segments des voitures urbaines et des véhicules de loisir ou développent des "voitures mondiales" pour les marchés émergeants. Le journal cite M.Coville, analyste automobile chez ABN: il estime que PSA est plus compétitif que Renault, Fiat et Volkswagen, et prévoit qu'il triplera son bénéfice à 6 milliards de francs d'ici 1997 sur un chiffre d'affaires de 192 milliards de francs (2 et 165 milliards respectivement en 1995). Le Figaro indique, fin juillet 1996, que le chiffre d'affaires de PSA a progressé de 3% au premier semestre.
En matière d'organisation du travail, la presse française se penche, fin 1995, sur un accord-cadre, signé par la direction d'Automobiles Peugeot avec six syndicats, sur "l'amélioration permanente des conditions de travail", par lequel le constructeur s'est engagé à se mettre davantage à l'écoute de ses salariés et à tirer un meilleur profit de leur savoir-faire, pour améliorer la productivité et les performances. La méthode, testée à Sochaux à l'occasion du lancement de la 406, a commencé à porter ses fruits et devrait prochainement être mise en place sur d'autres sites; l'objectif est l'élimination des postes classés difficiles. Le Figaro, en février, souligne qu'à l'occasion de la fabrication de la Saxo, Automobiles Citroën a procédé à des changements profonds dans l'organisation du travail: une véritable intégration des ressources humaines dans la fabrication. Quant à l'automatisation, Libération souligne que l'usine Sevelnord (PSA/Fiat) dispose, sciemment, d'un taux d'automatisation moins élevé que d'autres usines; le quotidien cite le directeur de l'usine, M. Roger Garnier: "C'est la fin du culte des robots, nous sommes revenus à la raison".
Décidément, la façon de produire de PSA est passionnante: dans le cadre d'un article sur le "tourisme industriel", le Monde indique que 20.000 personnes visitent chaque année le site Peugeot de Mulhouse!
En mai 1996, le Business Week écrit que PSA, fortement dépendant du marché européen (à 88%), doit renforcer sa présence à l'étranger afin de réaliser les économies d'échelle nécessaires à sa croissance. L'objectif de PSA est de doubler ses ventes hors de l'Europe au cours des cinq prochaines années, à 25%. D'ailleurs, tout au long de l'année, la presse rappelle les ambitions commerciales et industrielles de PSA en Asie (Chine, Inde, Malaisie, Indonésie et Thaïlande) et en Amérique Latine (Brésil, Argentine, Uruguay). On a même évoqué l'hypothèse d'une implantation aux États-Unis, où le groupe n'est plus présent depuis 1991; on cite les responsables: "Il est exclu de vendre des voitures outre-Atlantique sans s'y implanter industriellement". La Tribune écrit en janvier que PSA envisagerait de développer un véhicule en commun avec un autre constructeur et de le commercialiser sous les deux marques, mais on n'a pas fixé d'échéance pour prendre une décision. Par contre, en juillet 1996, le Journal de l'Automobile cite M. Bernard Hanon, ancien président de Renault: "Les constructeurs français ne retourneront jamais aux États-Unis. Même avec des partenaires, un tel retour coûterait trop cher"...