| La lettre du GERPISA | no 105 (juillet 1996) |
Débat (1) - Jean-Pierre Durand
Je reprends volontiers la formule de GERPISA-Agora que je partage, mais il me semble que les membres retireront d'autant plus de satisfactions de la fréquentation du réseau que celui apportera et produira des connaissances indisponibles ailleurs. Pour que ce soit le cas, il apparaît nécessaire que le réseau possède des objectifs théoriques (objets scientifiques, problématiques, champs théoriques...) débatus et partagés par ses membres. Cette convergence des efforts - qui signifie ici par exemple la re-problématisation ou la réécriture de résultats issus de recherche effectuées dans un autre cadre - est la condition de l'efficacité du réseau.
Nous redécouvrons ainsi dans nos pratiques l'efficacité de la coopération complexe, mise en avant par Marx à propos du travail ouvrier et que nous observons dans le teamwork, dans les activités de conception du produit et des procédés ou bien dans les rapports constructeurs/fournisseurs. Toutefois il y a un écueil à éviter: celui d'enfermer les membres du réseau dans un carcan théorique, c'est-à-dire de les mettre sur des rails dont ils ne pourraient se libérer sous peine d'exclusion. Ce ne fut pas le cas du premier programme, il y a peu de raisons pour que cela le devienne lors du second programme : si ce devait l'être, je serais le premier à me retirer!
Concrètement, le fonctionnement du GERPISA dans le deuxième programme devrait s'inspirer de ce qui a bien fonctionné dans le premier et si possible systématiser les succès. Pour des raisons à la fois de démarche analytique et de fonctionnement organisationnel, il semble nécessaire de construire le réseau autour de trois à quatre groupes de travail; en raison de la complexité et de la multidimensionnalité des objets scientifiques, chaque groupe aura à se subdiviser en deux à quatre sous-groupes où se feront l'essentiel des travaux.
Chaque sous-groupe pourrait avoir deux voies d'échanges et de rencontres : une session annuelle hors mois de juin où tous les papiers seraient présentés et discutés (le plus difficile, on le sait, est de faire participer les chercheurs les plus éloignés de l'Europe) et un forum permanent sur Internet avec discussion des papiers les plus avancés.
Chaque groupe disposerait en parallèle de quatre sessions de travail en juin à Paris (sur les dix ou douze sessions) où seraient discutés des papiers nécessairement sélectionnés pour ne pas tomber dans la course-poursuite traditionnelle. Une session plénière réservée à chaque groupe permettrait l'échange général sur son objet scientifique et informerait les autres membres du GERPISA des résultats acquis. Une réunion annuelle du Secrétariat international élargi aux animateurs des sous-groupes permattrait de faire le point sur l'état d'avancement des travaux et de les dynamiser.
Ce double mouvement privilégiant le bottom up et garantissant la cohésion du réseau par une coordination top-down me semble conduire au maintien de l'esprit du GERPISA-Agora tout en en décuplant l'efficacité scientifique.