| La lettre du GERPISA | no 104 (juin 1996) |
Nouvelles du Programme (1) - Gérard Bordenave
2. Les trajectoires. L'accent porté sur la dynamique du changement plus que sur la très problématique identification a priori d'un ou plusieurs modèles en gestation a permis de dépasser certains blocages rencontrés au début dans l'essai de caractériser les modèles par un ensemble fini de caractéristiques figées. Cette approche évolutionnaire, outre son adaptation à la période actuelle, n'exclut pas les synthèses a posteriori et n'empêche pas de tirer des enseignements. Elle a le mérite d'attirer l'attention sur les conditions de réussite, les facteurs d'inertie structurelle, les bifurcations (voire les catastrophes...), ainsi que sur le poids des contextes institutionnels et sociaux dans les processus de changement. Elle se démarque ainsi utilement de la croyance trompeuse, mais néanmoins fréquente dans le domaine du management, en l'existence de solutions organisationnelles uniques qui s'imposeraient forcement.
3. Le déroulement des recherches. L'organisation globale du programme avec, en particulier, la constitution des quatre sous-groupes (trajectoires des firmes, hybridation, organisation productive, rapport salarial) a contribué positivement à insérer les chercheurs en fonction de leurs préoccupations dominantes et de leur mode d'approche. Un gros effort de circulation de l'information et de mise en contact a été fait avec "les Actes", "la Lettre", l'annuaire, les journées, les rencontres, et les réunions internationales par groupes. Dans l'ensemble, les conditions matérielles de travail ont été très bonnes et un excellent climat a régné.
4. Quelques limites malgré tout. Le caractère très ouvert et très attractif du programme lui a permis de connaître un grand succès dans le rassemblement des chercheurs, particulièrement manifeste lors des rencontres internationales. C'est en soi un élément très positif mais cela a conduit cependant à un relatif éparpillement des recherches. Le but ne pouvait certes pas être d'arriver à des positions unanimes mais les problématiques de certaines contributions ne se sont pas toujours insérées facilement dans la perspective d'ensemble. L'implication des différents chercheurs dans le programme a été assez variable ce qui a pu nuire dans certains cas aux discussions. Cette hétérogénéité, non seulement des résultats mais aussi des questionnements, demeurera sans doute apparente dans les contributions finales. C'est là sans doute une contrepartie normale pour un programme de recherche qui a volontairement privilégié l'ouverture et il ne faut donc pas y attacher une trop grande importance.