| La Lettre du GERPISA
| no 102
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Le fait du mois - Jean-Jacques Chanaron
Automobile
et transports collectifs : un débat relancé
Le rapport Martinand sur la SNCF n'a pas fini de faire réagir les
acteurs industriels et les opérateurs du système des transports,
les sociétés de transport collectif comme les constructeurs
automobiles. Alors que les mouvements "autophobes" semblaient avoir repris du
poil de la bête depuis le début des années
quatre-vingt-dix, remettant en cause la société du
"tout-automobile" au profit de solutions plus socialement acceptables, plus
sûres et moins polluantes, le rapport du directeur des affaires
économiques du Ministère de l'équipement semble renverser
les perspectives.
Il soutient désormais une position originale de la part des pouvoirs
publics, tiraillés entre des groupes de pression divers aux
intérêts parfois contradictoires: comment maintenir des transports
ferroviaires en zones rurales où l'automobile et les transports routiers
sont, et de loin, beaucoup plus économiques ? Il faut cesser de
considérer des liaisons de desserte fine comme relevant du service
public, puisque la SNCF ne le garantit plus depuis longtemps. Le transport
ferroviaire doit être rentable, commercialement viable face à la
concurrence des autres modes de transport. La SNCF ne doit être rien
d'autre qu'un service de transports, multi-modal et inter-modal. Et non pas un
service public national !
Le rapport Martinand pose des évidences jusque-là masquées
par intérêt politicien:
- En zone rurale et périurbaine, l'automobile et les transports
routiers de personnes comme de marchandises ont des avantages
indéniables. Le coût des dessertes ferroviaires dites "fines" est
insupportable par la collectivité.
- En liaison interurbaine, le "tout-TGV" est également fortement
"questionnable": lorsque la libéralisation des dessertes
aériennes sera totale et les prix des vols à la baisse, comment
amortir le coût des infrastructures ferroviaires?
Il y a là
reconnaissance d'une réalité: l'automobile devrait gagner encore
des créneaux d'utilisation par ses avantages de mobilité,
d'absence de rupture de charge. Comme aux Etats-Unis, où les mouvements
écologistes ne se préoccupent pas de casse le lobby "autophile"
pour lui-même, mais de limiter les nuisances de l'automobile et des
transports routiers au maximum dans une société qui, de toute
façon, ne peut plus se passer d'automobile. Il est temps de
reconnaître que l'automobile n'est plus remplaçable mais que sa
technologie peut être améliorée et qu'elle doit
l'être, pour ne plus polluer, être silencieuse et plus
sécurisante. Et elle le sera !
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