| La lettre du GERPISA | no 100 |
L'amélioration des performances de Mitsubishi s'est effectuée en 1994/95: au cours de l'exercice fiscal clos le 31 mars 1995, le constructeur a dégagé un bénéfice avant impôts consolidé de 53,3 milliards de yen (+ 151 %) sur un chiffre d'affaires de 3.414 milliard de yen, en hausse de 16 %. Aussi au premier semestre fiscal clos le 30 septembre 1995, il enregistre une hausse de 23 % de son bénéfice sur un chiffre d'affaires en progression de 4,5 %. Asian Wall Street Journal écrit en septembre que Mitsubishi ambitionne de porter sa part du marché mondial des voitures à 5 % d'ici la fin de l'année fiscal 2000/2001, contre 4 % environ en 1994/95.
Mitsubishi double ses objectifs de rationalisation par rapport à son plan initial; il augmente, notamment, ses achats de pièces et matériaux importés et réduit ses effectifs en améliorant sa productivité.
"Mitsubishi développe ses véhicules en un temps record", écrit Automotive News en février 1995. En effet, le tout terrain Mitsubishi Pajero Mini, introduit sur le marché japonais en décembre 1994, a été développé en 18 mois seulement; le véhicule connaît un franc succès. Mitsubishi estime que la rapidité de développement des véhicules est étroitement liée à leur succès commercial; un cycle de développement court permet au constructeur de réagir de façon plus efficace à l'évolution du marché et de mieux s'adapter aux goûts des consommateurs.
Automotive News annonce également l'introduction sur le marché américain et en Europe de la nouvelle génération des Diamante, produite exclusivement dans l'usine australienne de Mitsubishi, dans le but de pallier l'appréciation du yen. Le constructeur renouvelle les voitures compactes Lancer/Mirage, il dévoile au salon de Tokyo le Pajero Jr et prépare un nouveau véhicule tout terrain plus petit et moins cher que le Pajero et destiné en particulier au marché américain. Il développe un nouveau moteur à essence où le carburant est directement injecté dans le cylindre, sans être mélangé à l'air préalablement, ce qui lui confère puissance et sobriété. Cette innovation technique, qui constitue un véritable tournant dans l'histoire du moteur automobile, sera introduite sur les Galant en 1996.
Herald Tribune et Handelsblatt communiquent, en juin, les informations sur les projets des constructeurs automobiles japonais pour renforcer leur présence mondiale. L'accroissement de la production en dehors du Japon et une coopération accrue avec les équipementiers étrangers figurent au coeur de ces plans. Ainsi Mitsubishi prévoit aux Etats-Unis une production de 240.000 véhicules par an à l'avenir (220.000 en 1995 et 170.000 en 1994); en Europe, 200.000 voitures par an à court terme par la société conjointe, avec Volvo, NedCar; en Asie, accroissement de la production en Malaisie, en Indonésie, aux Philippines et en Thaïlande.
De Standaard du 11 mars 1995 publie un entretien avec le président de NedCar qui relativise l'influence exercée par Mitsubishi sur le fonctionnement de l'usine néerlandaise. Il refuse d'appliquer à la lettre les principes du kaizen, bien qu'il reconnaisse ses bons côtés. "Le Japonais a apporté beaucoup d'idées au stade initial, concernant l'amélioration des conditions de travail et de la qualité. Mais la réalisation de l'ensemble, l'organisation du travail, la gestion de la production et l'entretien du parc de machines ont été directement inspirés par l'usine Volvo de Gand...".