Comeback
The Fall and Rise of the American Automobile Industry
Christian Mory
Identification de l'ouvrage
* Titre : Comeback - The fall & rise of the american automobile
industry
* Auteurs : Paul Ingrassia et Joseph B. White
* Editeur : Simon & Schuster
* Langue : anglo-américaine
* Nombre de pages : 496 plus 26 photographies des principaux personnages
évoqués
* Date du copyright : 1994
* ISBN : 0-671-79214-8
* Prix aux Etats-Unis : 25 $
Identification des auteurs
Paul Ingrassia et Joseph B. White sont d'anciens journalistes
du Wall Street Journal en poste à Detroit. Le premier est
passé chez Dow Jones Telerate et le deuxième au
Wall Street Journal Europe à Bruxelles.
Méthode de travail
Les auteurs ont rédigé leur livre en utilisant les
différents articles qu'ils avaient écrit pour le
Wall Street Journal de 1985 à 1990. Ils ont réalisé
de très nombreux entretiens avec les acteurs de cette époque.
De nombreuses notes viennent préciser l'origine de telle
ou telle information. Une courte bibliographie figure en fin d'ouvrage.
Problématique de l'ouvrage
L'histoire qui nous est contée est celle du déclin
puis du renouveau de l'industrie automobile américaine
sur la période qui va, en gros, de 1980 à 1994.
Il ne s'agit pas d'un ouvrage académique mais du fruit
d'un journalisme d'investigation. Il se lit assez facilement car
les auteurs se sont attachés à raconter des " histoires ",
parfois émaillées d'anecdotes, mais toujours avec
un certain sérieux (les faits sont datés, les sources
sont citées). Il a été couronné par
le prix Pulitzer, ce qui lui apporte une certaine notoriété.
Il fera certainement référence pour les travaux
ultérieurs sur cette période.
Aspects factuels
L'ouvrage est une suite d'aspects factuels, aussi pourra-t-on
se reporter au résumé et aux " bonnes
pages ".
Aspects théoriques
Plutôt que de parler d'aspects théoriques, on retiendra
la " philosophie " qui se dégage de
l'ouvrage. D'abord, ce sont les hommes, en particulier les dirigeants
des entreprises, qui font l'histoire, et non les modèles
ou les trajectoires. Ensuite, les auteurs considèrent que
ce qui est arrivé à l'industrie automobile américaine
est plutôt une bonne chose : elle a été revitalisée
par la concurrence japonaise. Le Japon est ici le donneur de (bonnes)
leçons mais l'élève américain retourne
finalement ses armes contre le maître nippon. A noter également,
dans le cas de General Motors, la supériorité apparente
de la filiale européenne. Les auteurs sont également
plus intéressés par l'amélioration des profits
que par les conséquences sociales des évolutions
de l'industrie.
Résumé
Première partie : les vieux lions
1) Les lions de Detroit en hiver
- - Le portrait de quatre vieux lions qui ont quitté leur
poste à la fin des années quatre-vingts est dressé : Roger Smith (G.M.), Lee Iacocca (Chrysler), Donald Petersen
et Bennett Bidwell (Ford). Leur bilan n'est pas très brillant
au moment de leur départ, les Trois Grands fermaient
huit usines et les Japonais ouvraient huit transplants (bientôt
dix).
- - Ils accusent les Japonais de leurs malheurs, avec trois arguments
que la réalité va démentir : les ouvriers
japonais sont sous-payés (en s'installant aux Etats-Unis,
Honda va offrir les mêmes salaires que les trois grands) ;
les usines japonaises sont très automatisées (la
politique d'automatisation à outrance de G.M. sera un
désastre) ;
le yen est sous évalué (les Japonais ont très
bien passé le cap de l'endaka de 1985).
2) Les commandos de Nummi
- - Quelques experts américains avaient, dès les années
soixante-dix, alerté, mais en vain, les dirigeants de G.M.
sur la supériorité de l'organisation japonaise.
- - Finalement, il faudra attendre la forte dégradation des
ratios financiers de la firme pour que le président Roger
Smith prenne un tournant stratégique : alliances avec Isuzu,
Suzuki et Toyota dans le domaine des petites voitures.
- - C'est ainsi qu'a été créée en 1983
la Nummi entre G.M. et Toyota, dont la philosophie était
un échange mutuel de connaissances : G.M. apprenait à
connaître le système productif de Toyota, et Toyota
obtenait une connaissance du tissu équipementier et de
la main-d'oeuvre aux Etats-Unis.
- - Les auteurs décrivent l'expérience de l'un des
cadres de G.M., Bera, et la confrontation permanente des deux
cultures au sein de Nummi entre ceux qui " pensent à
l'endroit " et ceux qui " pensent à
l'envers ".
- - Assez curieusement, G.M. n'a pratiquement rien prévu
pour répercuter sur ses usines le fruit de cette expérience.
Ainsi, très peu de cadres issus de la Nummi vont être
réinjectés dans les autres usines. Beaucoup, dont
Bera, quitteront le groupe. L'un d'entre eux, Bob Hendry, sera
toutefois envoyé en Europe.
3) Les lions rugissent
- - Les auteurs brossent un portrait de Lee Iacocca et de Roger
Smith..
- - La renaissance de Chrysler au milieu des années 80 est
due à plusieurs facteurs : Chrysler n'a pas payé
d'impôts durant quelques années ; la moitié
des cols blancs sont partis ; le point mort a été
fortement réduit ; le marché américain a
connu une reprise ; les Japonais ont été limités
par des quotas; la gamme K et les monospaces ont connu un succès.
- - La plupart des grands projets de Roger Smith ont mal tourné :
réorganisation des divisions, rachat d'EDS (Electronic
Data Systems, société informatique), diversification
(" guerre des étoiles "), complexe
de Buick City.
- - Au milieu des années quatre-vingts, Chrysler, sorti de
ses difficultés, recommence à payer des dividendes,
à se lancer dans une politique de diversification et à
racheter AMC, juste avant que la bourse ne s'effondre (1987).
4) Le général perd les pédales
- - General Motors s'est réorganisé, diversifié,
robotisé, informatisé mais dispose toujours au milieu
des années quatre-vingts de produits vieillots (les moteurs
ont quarante ans...).
- - La réorganisation de General Motors opérée
en 1984 a eu des effets désastreux car elle a rendu plus
complexe une structure déjà fortement bureaucratique.
- - L'histoire de la Pontiac Fiero est symbolique de l'époque :
le système de production était innovateur (carrosserie
en plastique), mais la voiture n'était ni fiable ni rentable.
- - L'usine ultramoderne de Hamtramck s'est aussi révélée
désastreuse : des systèmes sophistiqués ont
été mis en place dans une organisation obsolète,
sans tirer la moindre leçon de Nummi.
- - L'arrivée, puis le départ forcé de Ross
Perot dans le groupe a aggravé la mauvaise image de la
direction.
5) Le héros inattendu de Ford
- - Les auteurs brossent un portrait de Donald Petersen qui devra
partager avec Harold Poling la succession de Philip Caldwell à
la tête de Ford en 1984. Petersen est un adepte de Deming
(importance de la qualité) et prend grand soin du facteur
humain.
- - A partir de 1986, Ford a réalisé des performances
financières supérieures à celles de General
Motors grâce à deux facteurs : les succès
de la Taurus (voiture qui tranche avec les produits américains
traditionnels) et de la famille Panther (voitures traditionnelles)
; l'outil industriel et les effectifs étaient parfaitement
adaptés aux besoins.
6) Mort dans l'eau
- - Au début de 1988, alors qu'il lance une importante opération
médiatique sur ses capacités techniques (" Teamwork
and Technology "), General Motors " patauge "
toujours dans les difficultés. Il est alors décidé
de donner la priorité aux profits par rapport au volume,
ce qui implique de nouvelles fermetures d'usines.
- - La gamme GM-10, lancée fin 1987 et destinée à
concurrencer la Ford Taurus se révèle un désastre.
Le programme a coûté plus cher que Saturn ou le rachat
d'EDS et aboutit à des voitures mal adaptées au
marché (des deux portes alors que les clients veulent des
quatre portes), de mauvaise qualité et trop chères
à produire (en raison d'une trop grande automatisation
des usines).
7) Le pouvoir des gens
- - Fin 1987, les collaborateurs commencent à contester Roger
Smith. L'un d'entre eux, Elmer Johnson essaie de s'opposer, en
vain, au projet Saturn, " la folie de Roger ".
Les auteurs brossent à cette occasion le portrait de nombreux
dirigeants de General Motors, dont Bob Stempel et Lloyd Reuss
(ce dernier accumule les bévues).
- - En 1990, Smith, qui n'a toujours pas véritablement redressé
la situation, cède la place à Bob Stempel flanqué
de Lloyd Reuss. Pour la première fois, les deux principaux
dirigeants de General Motors sont des ingénieurs et non
des financiers.
8) Chrysler s'écrase
- - Vers 1987, Chrysler commence à connaître quelques
difficultés : Maserati est un fardeau, la déclinaison
de la gamme autour de la famille K atteint ses limites, le rachat
d'AMC s'accompagne d'un endettement accru, le point mort s'est
relevé. Chrysler devra même payer 200 millions de
$ de pénalités à Renault pour avoir vendu
insuffisamment de modèles Premier.
- - En 1990, la situation se détériore : plusieurs
dirigeants quittent Chrysler, Ford lance avec succès l'Explorer,
concurrent de la Cherokee et les monospaces, les seuls véhicules
apportant des profits, subissent un rappel. Un projet de fusion
avec Fiat échoue car Chrysler apparaît comme en trop
grande difficulté et Giovanni Agnelli opte pour l'Europe
de l'Est. En 1991, un rapprochement avec Ford échoue également,
le numéro deux américain ayant été
échaudé par la reprise de Jaguar.
9) Ford faiblit
- - En 1989, la Ford Thunderbird est élue voiture de l'année,
mais son concepteur est mis à la retraite : la voiture
est plus chère et plus lourde que ce qui était prévu.
Le cas est typique de ce qui se passe alors chez Ford : un relâchement
général, au niveau des coûts, de la qualité
et de l'innovation. Alors que Ford s'en tire aux Etats-Unis surtout
en raison de la faiblesse de General Motors, la situation est
inverse en Europe.
- - La disgrâce de Donald Petersen approche : dégradation
des relations avec la famille Ford, projet personnel de racheter
Lockheed. Et c'est au moment où s'opère le coûteux
rachat de Jaguar qu'il est remplacé par Red Poling, bien
que son candidat favori ait été Allan Gilmour.
10) Le poids lourd japonais
- - Le cas de Bob Mc Curry, un commerçant de choc qui a quitté
Chrysler après une vingtaine d'années de bons et
loyaux services à force de ne pas être écouté
par la direction, est exemplaire : arrivé chez Toyota, il
a pu constater combien les Japonais, y compris à Tokyo
sont à l'écoute du marché.
11) Lee s'en va
- - En mars 1992, Robert Eaton, jusqu'alors à la tête
de General Motors Europe, remplace Lee Iacocca comme président
de Chrysler. Ce dernier ne voulait pas que Bob Lutz, un homme
de produit, lui succède car celui-ci l'avait trop souvent
contré.
- - Les candidats à la succession étaient assez nombreux
mais le conseil d'administration de Chrysler a réussi à
éviter que les postulants déçus ne quittent
l'entreprise et ont su résister aux exigences (financières)
de Iacocca au moment de son départ.
12) G.M. : Le coup d'avril
- - Chez General Motors, la situation ne se redresse pas et, surtout,
la direction ne semble pas maîtriser la situation. Fin 1991,
Stempel annonce la fermeture de 21 autres usines dans les trois
années à venir. Selon le projet, G.M. n'emploiera
plus en 1995 que 321 000 personnes, moitié moins qu'en
1985.
- - Début 1992, le Conseil d'administration confie à
John Smale, auparavant chez Procter & Gamble, le soin de mener
un audit sur la situation réelle du groupe. Ses conclusions
indiquent que G.M. est bon dernier en termes de qualité,
de productivité, de développement de nouveaux modèles,
qu'il est en état de surcapacité et que ses cadres
dirigeants souhaitent de profonds changements.
- - En avril 1992, le Conseil d'administration impose ses changements
à la tête : Bob Stempel est pris en sandwich entre
John Smale qui le " coiffe " pour le surveiller
et John Smith qui remplace Lloyd Reuss comme adjoint direct.
13) G.M. : La révolution d'octobre
- - Rapidement, le tandem Smale - Smith, prend des décisions,
à la fois pour réduire les coûts et pour dynamiser
le groupe. Parmi celles-ci, la venue d'Europe d'un nouveau directeur
des achats, José Ignacio López de Arriortúa.
En même temps, il découvre que la situation financière
est plus grave que ce qui était admis, notamment en ce
qui concerne les pensions des anciens employés.
- - Le sort de Bob Stempel est alors scellé. Il est poussé
à démissionner en octobre 1992. La direction de
G.M. adopte alors une structure originale : un président
du conseil d'administration (chairman) non exécutif, John
Smale, et un directeur-général (CEO president),
Jack Smith.
Deuxième partie : Les jeunes lions
14) La bulle éclate
- - A travers le parcours de Shoichiro Irimajiri, c'est tout l'histoire
de la croissance de Honda aux Etats-Unis qui est retracée
et qui culmine avec la décision prise en 1987 par le président
Kume de faire de la branche américaine de Honda un constructeur
à part entière. Lorsque Kume quitte son poste en
1990, ce n'est pas Irimajiri qui lui succède, mais Nobuhiko
Kawamoto. Ce changement coïncide avec le déclin de
Honda, d'abord aux Etats-Unis, ensuite au Japon.
- - Honda, comme d'autres constructeurs japonais fait alors connaissance
avec les stocks, les rabais et, surtout, avec la fin de la croissance
continue. Le tout culminera avec la forte hausse du yen en 1993.
Mais, avant tout, ce que les Japonais n'ont pas vu venir, ce sont
les efforts accomplis par leurs concurrents, américains
ou européens.
15) L'équipe de Tommy Lasorda
- - Louis Hughes a souhaité de faire de Eisenach, en ex-R.D.A.,
une usine modèle, à l'image de la NUMMI, où
serait mis en pratique la production au plus juste. Il a ainsi
confié la direction de la nouvelle usine à deux
anciens de la CAMI (société conjointe entre General
Motors et Suzuki au Canada), Tommy Lasorda et Frank Faga.
- - Lasorda et Faga ont ainsi démontré que l'on pouvait
obtenir de très bons résultats , même avec
la main-d'oeuvre d'un ancien pays communiste. Leur manière
de former les ouvriers en leur faisant manipuler des pièces
de Lego est décrite en détail.
16) La Mustang
- - En octobre 1993 est lancée la nouvelle Mustang, une voiture
mythique pour Ford. Sous l'impulsion de Alexander Trotman, qui
y gagnera ses galons pour la succession de Red Poling, le constructeur
a réussi pour la première fois à développer
un nouveau modèle " à la japonaise ",
c'est à dire dans des délais record et à
un coût limité.
17) Les dossiers de López
- - Début 1993, se déroule l'affaire López
en deux parties : d'abord son départ mouvementé
pour Volkswagen malgré sa promotion au sein de General
Motors en Amérique du Nord (López tenait beaucoup
à l'ouverture d'une usine au Pays basque, promesse que
ne pouvait pas tenir le groupe); ensuite, l'affaire d'espionnage
industriel qui s'ensuit, López étant fortement soupçonné
d'avoir fourni à Volkswagen des documents confidentiels
sur General Motors et Opel. Les deux parties de l'affaire sont
détaillées avec précision.
18) Le nouveau G.M.
- - Jack Smith mène une politique très volontariste.
Son modèle d'entreprise, c'est Toyota. Sous son impulsion,
la nouvelle génération de Chevrolet Cavalier (lancée
début 1994) va être moins coûteuse à
développer (en observant ce que font Toyota et Honda) et
à fabriquer en s'inspirant de la Nummi et des usines Opel
de Saragosse, Anvers et Eisenach). Pourtant, elle est produite
dans une usine qui a mauvaise réputation, celle de Lordstown.
Elle sera également de meilleure qualité et, symbole
suprême, Toyota accepte de la distribuer au Japon à
partir de 1996. Pour ce faire, une version à volant à
droite sera produite, une première chez G.M..
19) Les lumières de Neon
- - La Neon, lancée fin 1993, symbolise la révolution
entreprise par Chrysler dans le développement de ses modèles.
S'inspirant des méthodes utilisées par les Japonais
(Mitsubishi, son associé, mais aussi Honda et Mazda), le
constructeur confie à des équipes autonomes et polyvalentes
(des plateaux d'ingénieurs et techniciens) le soin de mettre
au point très rapidement les nouveaux produits.
- - Le renouveau de Chrysler s'exprime également dans le
foisonnement de nouveaux modèles lancés successivement
et qui tranchent par leur originalité.
20) Epilogue
- - Les trois grands ont accompli leur renaissance en s'inspirant
des Japonais. Leurs ennemis sont en quelque sorte devenus leurs
sauveurs, mais il ne faut pas non plus sous-estimer l'effet de
la hausse du yen ! Qui sont les vainqueurs ? Les constructeurs
américains ou les constructeurs japonais ? Ce sont les
consommateurs américains qui disposent désormais
de produits meilleurs et moins chers !
Commentaire critique
Les auteurs estiment que l'histoire qu'ils ont racontée
est terminée : tout est bien qui finit bien, les Américains
ont réussi à contrer les Japonais. Pourtant, les
événements ultérieurs, que nous connaissons
aujourd'hui, montrent que tout ne va pas si bien à Detroit.
Pour ne citer que ces deux cas, rappelons simplement les problèmes
de qualité de la Chrysler Neon et les difficultés
de production de la Cavalier à Lordstown.
Les auteurs se déclarent également contre le protectionnisme,
une pratique un peu vaine dont se serait rendu coupable Lee Iacocca.
Rien ne vaut la libre concurrence, estiment-ils. Certes, mais
à quoi est dû le renouveau américain, sinon
en grande partie à la hausse du yen et aux droits de douane
de 25 % qui protègent le marché américain
des utilitaires légers ?
Dernière critique enfin, il est dommage que les auteurs
n'aient pas interrogé beaucoup de responsables de l'industrie
automobile au Japon, obstacle linguistique peut-être. L'opinion
nippone sur les difficultés des Etats-Unis aurait pourtant
été instructive...
Parmi les apports de l'ouvrage, on peut citer le fait que, dès
la fin des années soixante-dix, les dirigeants de General
Motors avaient été alertés sur la spécificité
des méthodes japonaises de production. Mais il n'y a pire
sourd que celui qui ne veut pas entendre. Autre révélation :
rien n'avait été sérieusement prévu
par General Motors pour faire fructifier au sein du groupe les
leçons tirées de la Nummi.
Les " Bonnes pages "
- Pages 88 à 93 : comment Alex Mair tente en 1981 de convaincre
ses collègues de G.M. que les produits japonais sont vraiment
meilleurs, et qu'il faut donc opérer de grands changements
aux Etats-Unis.
- L'ensemble du chapitre 15 (pages 349 à 368) où
nous est décrite la mise en place de l'organisation à
l'usine Opel d'Eisenach.
- La fin du chapitre 14 où l'on nous montre Shoichiro Irimajiri,
l'ancien dirigeant de Honda aux Etats-Unis, accomplir au printemps
1993 une mission d'étude dans plusieurs pays :
" A Bramalea (Ontario), Irimajiri découvrit une
usine où Chrysler assemblait une nouvelle famille de voitures
moyennes avec juste vingt heures de travail par voiture. C'était
mieux que n'importe quelle autre usine à l'exception de
Tahara, mais Bramalea n'avait pas à supporter les coûts
d'une automatisation poussée comme à Tahara. Avec
son penchant pour les détails, Irimajiri regarda l'échappement.
Il avait été mis au point par un fournisseur et
il pouvait être fixé à la voiture d'un seul
coup avec une facilité et une efficacité qui amélioraient
à la fois la productivité et la qualité.
Des relations étroites avec les fournisseurs, des pièces
qui se mettaient facilement en place et une efficacité
du meilleur niveau, on se serait cru au Japon. Mais ce n'était
pas le Japon. "
" Irimajiri se rendit également en Europe. En
France, il visita une usine qui produisait des faisceaux électriques
pour Renault avec un système de juste-à-temps aussi
bon qu'au Japon. Quatre ans plus tôt, Renault et Chrysler
étaient les pires constructeurs de leur continent. Maintenant,
ils étaient de toute évidence les meilleurs, ou
ils n'en étaient pas loin. Les deux firmes les plus proches
de la disparition ont réalisé les réformes
les plus radicales pour survivre, se disait Irimajiri. "
" Ce qu'il découvrait, c'était une renaissance
impressionnante. Les Américains et les Européens
avançaient à marche forcée sur la voie de
la qualité et de la productivité ouverte avant eux
par les Japonais. Certaines firmes allaient très vite,
d'autre, comme General Motors et Volkswagen étaient à
la traîne, mais la tendance était très claire. "
" En Europe, Irimajiri vit une usine qui le surprit
particulièrement. C'était dans un endroit où,
trois ans plus tôt, il n'était question ni de productivité,
ni de qualité, ni de contrôle des coûts. Non,
l'enjeu y était beaucoup plus fondamental : la lutte du
communisme contre le capitalisme, et de la dictature contre la
liberté. Maintenant, cette usine toute neuve était
presque aussi bonne qu'une usine japonaise. C'était dans
une ville allemande qui n'est qu'un petit point sur la carte de
la nouvelle Europe : Eisenach. ".
Sommaire
Voir le résumé. A noter que l'ouvrage comporte un
index très complet.
Mots clé
Etats-Unis, histoire, General Motors, Ford, Chrysler, Opel, Volkswagen,
Nummi, Honda, Toyota, usine, productivité, qualité,
transplant, dirigeant.
Auteurs de la fiche
Christian Mory
C.C.F.A.
2, rue de Presbourg
75008 Paris
Tél. 01 49 52 51 31
Tlc (1) 49 52 51 88
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